Photo : Oleksii Synelnykov/Shutterstock

Se sentir outsider, même quand on nourrit le monde

Mélanie Girard Jodoin

Annette n’est pas issue d’une famille agricole. Chez elle, on ne parlait ni de récoltes, ni de semences, ni de vêlages autour de la table. Pourtant, dès l’enfance, elle a été exposée à ce milieu grâce à un voisin producteur et des étés passés à lui donner un coup de main. Très tôt, elle a attrapé la piqûre. Ce monde-là, elle s’y sentait étrangement à sa place, comme si quelque chose en elle reconnaissait déjà cette façon de vivre.

Photo : Oleksii Synelnykov/Shutterstock

C’est quoi, être agriculteur ou agricultrice?

Alexandra Lapointe

Qu’est-ce qui définit un producteur ou une productrice agricole? Est-ce le type de production choisie? La taille de l’entreprise ou de la terre? Le statut officiel de producteur avec un numéro d’identification ministériel? Le fait de pratiquer l’agriculture à temps plein ou à temps partiel? Le revenu tiré de la production? L’ampleur du profit réalisé? C’est une grande question, et les réponses sont variables, selon la perception et les valeurs de chacun. 

Photo : Oleksii Synelnykov/Shutterstock

L’importance de la convention d’actionnaires

Florence Chaput

En agriculture, on a l’habitude de se fier à la parole donnée. Une poignée de main dans la cour de ferme vaut parfois plus qu’un contrat. On se connaît, on se respecte, on a grandi ensemble, et on se fait confiance. Quand vient le temps d’incorporer une entreprise agricole, surtout dans un contexte familial ou entre proches, cette confiance est bien réelle. On s’assoit autour d’une table de cuisine, on discute, on rêve à l’avenir, et on se promet de travailler ensemble longtemps. Cependant, bien souvent, on repousse l’idée de mettre les choses « trop officiellement » par écrit.

Photo : Oleksii Synelnykov/Shutterstock

Quel avenir pour nos jeunes en agriculture?

Alexandra Lapointe

Je ne dois pas être la seule à avoir vu les récents épisodes de La semaine verte, où l’on suivait le parcours de cinq jeunes relèves agricoles, apparentées ou non. Honnêtement, j’ai eu les larmes aux yeux et le cœur en miettes en visionnant ces épisodes. Ça m’a attristée de constater à quel point nous avons des jeunes travaillants, ambitieux et passionnés d’agriculture au Québec, mais sans aucune entreprise agricole qui les attend.

Dans le chaos des interventions

Mélanie Girard Jodoin

Être travailleuse sociale en milieu agricole, c’est souvent être plongée au cœur du tumulte humain. On entre dans des cuisines où l’odeur du café se mêle à la tension dans l’air; on s’assoit dans des bureaux improvisés, dans l’étable ou même dans le tracteur; on écoute des histoires qu’on ne pourra jamais entièrement raconter, parce que c’est confidentiel et parce qu’elles ne nous appartiennent pas. On porte la complexité, la vulnérabilité et, souvent, le silence de ceux qui n’ont pas toujours le temps, ou l’espace mental, pour mettre des mots sur ce qu’ils traversent. 

Dans les rangs, il y a un bruit qui ne vient pas toujours des machines. Très tôt, on peut apercevoir un pas plus léger, un regard plus curieux, une façon différente de tenir le volant du tracteur. C’est la relève en devenir. Elle n’arrive pas en faisant fracas, mais doucement, parfois timidement, en observant les aînés comme on regarde un champ avant de le labourer : avec respect, patience et une certaine appréhension. Photo : Shutterstock

Quand la relève reçoit la clé du tracteur

Florence Chaput

Dans les rangs, il y a un bruit qui ne vient pas toujours des machines. Très tôt, on peut apercevoir un pas plus léger, un regard plus curieux, une façon différente de tenir le volant du tracteur. C’est la relève en devenir. Elle n’arrive pas en faisant fracas, mais doucement, parfois timidement, en observant les aînés comme on regarde un champ avant de le labourer : avec respect, patience et une certaine appréhension.