Le chénopode blanc est la mauvaise herbe la plus répandue en Montérégie. Photo : Gracieuseté de Sandra Flores-Mejia, CÉROM
Phytoprotection

Quand les satellites gardent les champs 

Maurice Gagnon

Dans les champs de maïs et de soya de la Montérégie, une guerre silencieuse se joue chaque été contre deux ennemis redoutables : le chénopode blanc et la sclérotiniose du soya. Pour aider les producteurs à mieux cibler leurs interventions et réduire l’usage des pesticides, une équipe de chercheurs québécois mise sur une combinaison de données satellitaires, de données au sol, de modélisation et d’intelligence artificielle.

Le bourdon ardent (Bombus fervidus), lui aussi en péril, a été observé dans les cultures où des aménagements floraux ont été réalisés. Photo : Gracieuseté d’Amélie Morin

Bandes florales : des cultures jolies et utiles

Claude Fortin

L’implantation de bandes florales gagne en popularité chez les producteurs agricoles désirant réduire leur utilisation de pesticides. Les chercheurs aussi s’intéressent au potentiel des bandes florales pour la gestion des insectes ravageurs sur les récoltes. C’est le cas du docteur Daniel Cormier et de son équipe de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), qui ont étudié le phénomène au verger expérimental de Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie, lors d’une expérience menée entre 2020 et 2023.

Ce capteur est relié aux sondes de mesure de l’humidité. Photos : Université de Sherbrooke

Intelligence artificielle : des réponses venues du ciel

Claude Fortin

Le défi de protéger les sols contre les insectes et les maladies tient en bonne partie à la vitesse d’intervention sur le terrain. Aussi bien chez l’humain que chez les végétaux, agir vite permet souvent de limiter les dégâts. Mais si la détection d’une petite parcelle de culture qu’on sait vulnérable reste assez facile, la chose se complique lorsqu’il s’agit de superficies qui s’étendent sur des dizaines d’hectares. C’est là que la surveillance par satellite pourrait se révéler avantageuse, aussi bien en matière de rendements que d’argent.

Au Canada, l’épandage de pesticides par drone est actuellement interdit, sauf si l’étiquette du produit le précise. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Drones : l’ARLA se prononcera en 2026

Myriam Laplante El Haïli

Bien que l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire ait autorisé l’application par drone de cinq pesticides depuis 2022, aucune homologation n’a visé des pesticides agricoles. L’organisme prévoit être en mesure de se prononcer sur cet usage particulier au début de 2026, après avoir complété l’analyse de résultats de recherche comparant les méthodes d’applications conventionnelles à celle par drone.

De façon générale, l’étude du MAPAQ montre que la régie à moindres risques permet des rendements similaires à ceux observés en régie conventionnelle. Les gains les plus notables s’observent dans la réduction des risques sur la santé et l’environnement. Photo : Shutterstock

Fraises et gestion à moindres risques : bilan des trois dernières années de vitrine

Claude Fortin

Les résultats de la vitrine pour une gestion à moindres risques dans la fraise d’été et la fraise d’automne, un projet chapeauté par le MAPAQ entre 2022 et 2024, suggèrent qu’il est possible de produire des fraises en limitant les risques sur la santé et l’environnement, sans nuire au rendement et à la rentabilité de l’entreprise. Bilan des trois dernières années d’expérimentation.