Au Canada, l’épandage de pesticides par drone est actuellement interdit, sauf si l’étiquette du produit le précise. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantBien que l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) ait autorisé l’application par drone de cinq pesticides depuis 2022, aucune homologation n’a visé des pesticides agricoles. L’organisme prévoit être en mesure de se prononcer sur cet usage particulier au début de 2026, après avoir complété l’analyse de résultats de recherche comparant les méthodes d’applications conventionnelles à celle par drone. Plusieurs années pourraient toutefois s’écouler avant que la technologie soit utilisée dans les champs.
« Ça augure bien », indique la directrice générale adjointe de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), Catherine Lessard. Des résultats préliminaires d’un projet de recherche présentés au printemps dernier ont révélé que l’application de pesticides par drone avait laissé une quantité de résidus inférieure ou égale à celles des méthodes par pulvérisateurs à rampe, par pulvérisateurs à dos ou par avion. Les essais ont eu lieu dans des champs de brocolis, de pois, de pommes et de raisins, en 2023.
Ils se sont rendu compte que l’usage par drone ressemblerait beaucoup plus à un usage par rampe qu’un usage aérien, et les usages aériens sont normalement associés à des dérives plus grandes et à des résidus un peu plus importants. La raison pour laquelle c’est moins problématique au niveau des résidus, c’est parce que c’est beaucoup plus ciblé par drone que ce que tu peux avoir par usage aérien normal.
De nombreux producteurs agricoles attendent avec impatience que l’ARLA autorise l’ajout de la mention « système d’aéronef télépiloté (SATP) » sur l’étiquette des pesticides utilisés en agriculture. Ils estiment que la technologie présente plusieurs avantages par rapport aux méthodes conventionnelles; notamment, un gain de temps, une diminution des coûts de main-d’œuvre, du coût d’achat et d’entretien de la machinerie et de la compaction du sol.
En septembre, l’ARLA a indiqué à La Terre avoir reçu les données de l’industrie relatives aux essais sur la dérive de pulvérisation – dont une évaluation indépendante des données sera effectuée pour déterminer la fiabilité et l’acceptabilité des études –, mais n’avait pas encore reçu le rapport complet d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sur les résidus comparatifs. L’organisme prévoyait toutefois être en mesure de communiquer une décision finale sur l’acceptabilité du drone comme outil d’épandage au début de 2026. « Cette décision sera communiquée par une mise à jour du document d’orientation pour l’application par voie aérienne », a-t-on mentionné par courriel.
Délais à prévoir
Par la suite, chaque compagnie qui met en marché des pesticides devra faire des démarches auprès de l’ARLA pour faire modifier l’étiquette de ses produits. À l’APMQ, Catherine Lessard craint que ces démarches ne soient pas une priorité pour certaines compagnies en raison des coûts que cela engendrera. Une fois la démarche entamée, l’ARLA précise que « les délais pour l’ajout de cette nouvelle méthode d’application à l’étiquette d’un pesticide précédemment enregistré seraient de 12 à 14 mois ».