Les tarifs arrivent au pire moment pour les producteurs de bleuets

Les tarifs de 25 % font craindre le pire à Nicolas Pedneault, président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, qui rappelle que ces derniers sont déjà confrontés, depuis deux ans, à de faibles prix qui se situent sous leurs coûts de production. « On va être honnêtes, plus de 70 % de ce qu’on produit est exporté, dont 50 % aux États-Unis. Le Chili, l’Argentine, eux, n’ont pas ces tarifs-là. Ils deviennent plus compétitifs que nous et vont tenter d’inonder le marché américain. L’autre problème, c’est que tous les bleuets du Mexique et du Canada qui allaient aux États-Unis devront être redirigés avant la prochaine récolte. On va tous se virer vers l’Europe et l’Asie, où nous sommes déjà, et les prix vont baisser. Ça va devenir carrément insoutenable », décrit-il avec découragement.

Nicolas Pedneault

Le plan B de développer des marchés a été amorcé et celui de profiter de l’engouement des Canadiens pour les produits locaux aussi, mais il n’y aura pas de « formule magique », affirme M. Pedneault. Il craint même que certaines entreprises ne passent au travers de cette crise. Le bleuet bio pourrait être encore plus touché, étant majoritairement produit pour les États-Unis.