Perte d’efficacité et baisse de prix anticipés dans la canneberge

Le Québec est l’un des plus grands producteurs mondiaux de canneberges et l’un de ses principaux clients et partenaires d’affaires est son voisin américain. Les tarifs de 25 % devraient amener un chaos logistique chez certains transformateurs qui devront non seulement trouver d’autres marchés en Asie et en Europe pour leurs canneberges, mais devront aussi revoir leurs structures de production. Cela entraînera des pertes d’efficacité coûteuses dans les usines et fort probablement une baisse de prix pour les producteurs, appréhende Vincent Godin, président de l’Association des producteurs de canneberges du Québec.

Il y a plusieurs transformateurs qui ont des usines au Québec et qui ont aussi des usines aux États-Unis. La matière première, de même que les produits spécialisés [comme le jus de canneberge, la canneberge sèche, etc.] voyagent pas mal d’un côté à l’autre de la frontière. Les tarifs et les contre-tarifs, on voit ça vraiment d’un mauvais œil. Ce sera tout un défi.

Vincent Godin

Des occasions d’affaires pourraient se présenter. Les Européens et les Chinois pourraient, par exemple, réagir négativement face aux États-Unis et ainsi favoriser la canneberge québécoise, espère-t-il. Le copropriétaire d’Emblème Canneberge n’a pas encore goûté à la saveur des tarifs puisqu’à l’instar de plusieurs autres exportateurs, il a livré de plus grands volumes chez ses clients américains en janvier et février, se croisant les doigts pour que ces livraisons agissent comme un « buffer », le temps que Donald Trump change d’idée.