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S'abonner maintenantExceptionnellement, j’ai envie de vous raconter les jours qui ont précédé l’envoi à l’impression de notre plus récente édition papier de La Terre de chez nous. Les différentes annonces liées aux tarifs douaniers nous ont gardés sur le qui-vive, à vouloir bien informer nos lecteurs à la fois sur le Web et dans notre hebdomadaire papier.
Devant la tendance du président Trump à changer d’idée à la dernière minute depuis le début de son mandat, nous avons attendu que les tarifs douaniers entrent bel et bien en vigueur, le 4 mars, avant de planifier une couverture complète de leur effet sur les producteurs agricoles.
Ce matin-là, nous avons donc tenu une réunion d’urgence, les journalistes et moi, pour débattre de l’idée de reporter d’une semaine notre dossier de trois pages sur la culture verticale. Le photomontage de une était déjà prêt, tout comme la page Terre Express. Qu’à cela ne tienne, les journalistes ont choisi de retrousser leurs manches pour se répartir les principaux secteurs de production touchés.
Il fallait bien sûr trouver un angle qui resterait pertinent une semaine plus tard. Vous devez savoir que La Terre de chez nous part à l’impression le jeudi, alors que sa date de publication est le mercredi suivant. Cela laisse le temps nécessaire à la distribution du journal aux quatre coins du Québec. Par contre, la version numérique, elle, est accessible aussi tôt que le vendredi.
Bref, nous avons choisi comme angle de couverture le plan de match élaboré par les différents secteurs de production au cours du mois de sursis. Les journalistes ont multiplié les appels et mis les bouchées doubles pour parler à un maximum d’intervenants. L’adrénaline était au rendez-vous. Nous fonctionnions à effectifs réduits en raison de la relâche scolaire. L’équipe était en constante adaptation au fil des annonces. Chaque nouvelle information captée par les journalistes était partagée avec les autres collègues dans un fil de discussion interne.
La veille de l’envoi à l’impression, nous avons tous travaillé tard, le mercredi soir; eux à rédiger les textes et moi, à les éditer pour qu’ils soient prêts à mettre en page par nos collègues de l’infographie le lendemain. N’oublions pas que ces trois pages de couverture sur les tarifs s’ajoutaient à tous les autres articles à produire pour le journal.
À la mi-journée jeudi, le fil d’arrivée était en vue quand nous avons pris connaissance de la décision de M. Trump de reporter d’un autre mois les tarifs du Mexique. Nouvelle réunion d’urgence. La même annonce était à prévoir pour le Canada dans les heures suivantes. Comment ajuster notre couverture pour ne pas être dépassé avant même de partir à l’impression? J’avoue avoir été tentée de titrer le journal ainsi : « Trump nous niaise ».
C’est décevant de travailler fort et de se rendre compte que cela a été en vain. L’édition du 12 mars porte finalement un titre plus posé : « Encore sur le qui-vive ». Elle a au moins le mérite d’exposer les préoccupations des acteurs québécois de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
Voici pour mon récit sans prétention. Je me doute que la semaine a dû être encore plus éreintante pour les entreprises dont l’avenir dépend du commerce avec le voisin américain. La Terre de chez nous continuera de leur donner la parole au cours des prochains mois, tout en gardant en tête cet épisode d’un imprévisible feuilleton américain.