Politique 4 mars 2025

50 M$ aux entreprises touchées par les tarifs douaniers

Alors que des droits de douane de 25 % sont entrés en vigueur de part et d’autre de la frontière canado-américaine le 4 mars, Québec a annoncé une aide financière pouvant atteindre 50 M$ aux entreprises exportatrices touchées. Ottawa se concentre pour l’instant à limiter la durée de cette guerre commerciale. 

Pour permettre aux entreprises d’ajuster leur modèle d’affaires ou leur chaîne d’approvisionnement, Québec a mis sur pied le programme FRONTIERE d’Investissement Québec. Il offre une aide financière sous forme de prêt aux entreprises exportatrices des secteurs agricoles et forestiers, notamment, qui auront des problèmes de liquidité d’au maximum 12 mois. Les entreprises admissibles devront avoir un chiffre d’affaires de 3M$ ou plus et faire la preuve que leurs exportations sont considérablement affectées par les tarifs en vigueur. Les prêts consentis auront une durée maximale de sept ans et les entrepreneurs bénéficieront d’un moratoire pouvant atteindre deux ans sur le remboursement. 

En point de presse, la ministre de l’Économie, Christine Fréchette, a invité les plus petites entreprises qui ne seraient pas admissibles au programme FRONTIERE à contacter les bureaux régionaux d’Investissement Québec afin d’évaluer leur admissibilité au Programme d’appui à la rétention des entreprises stratégiques et à l’aide d’urgence (PARESAU).  

Québec bonifie également l’enveloppe du programme ESSOR, d’Investissement Québec, pour renforcer la productivité des entreprises. « Le gouvernement va bonifier ces aides financières sous forme de prêts, à des taux avantageux et pourra accorder également, mais de manière exceptionnelle, des contributions non remboursables aux entreprises présentant des projets majeurs qui se démarquent sur le plan de la productivité », a expliqué la ministre Fréchette. Le programme aura une durée de deux ans. 

Par ailleurs, le premier ministre François Legault a mentionné que des sommes additionnelles seront prévues dans le budget qui devrait être dévoilé à la fin mars, notamment pour Investissement Québec. 

Rappelons que le président américain Donald Trump a signé un décret, le 3 mars, annonçant l’entrée en vigueur de tarifs douaniers sur les importations canadiennes aux États-Unis après l’échec allégué du Canada à endiguer le problème du fentanyl à la frontière.

Ces tarifs, c’est clair, vont faire mal aux Québécois, aux Canadiens, mais aussi aux Américains.

François Legault

Le gouvernement anticipe la perte de 100 000 emplois au Québec si les tarifs étaient maintenus pour une durée de six mois. Le chiffre passerait à 160 000 pour un an. « C’est un coup dur et devant cette attaque injustifiée, il faut garder la tête froide, mais on ne va pas se laisser faire, on ne va pas se laisser intimider et c’est le temps de se retrousser les manches tous les Québécois. Je suis convaincu qu’on va être capable de passer au travers et même en sortir plus fort », a dit ce dernier.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, n’a pas annoncé de mesures de soutien aux travailleurs ou aux entreprises canadiennes. Ce dernier a dit mettre la priorité sur la fin de cette guerre économique. « Notre but, ce n’est pas de trouver des façons pour que les Canadiens puissent passer au travers ces moments difficiles, c’est d’empêcher ces moments difficiles de durer plus que le temps minimum nécessaire. Si on peut faire enlever ces tarifs demain, on va le faire », a-t-il souligné. Le gouvernement étudie toutefois plusieurs options advenant que les tarifs perdurent dans le temps. 

Ottawa a également déposé une plainte à l’Organisation mondiale du commerce et à l’entité qui gère les règlements des différends de l’Accord Canada ̶ États-Unis ̶ Mexique. 

Ce qu’ils ont dit…

« La situation est grave et notre réponse aussi. Nous ne céderons pas et nous serons là pour soutenir les Canadiens, y compris nos producteurs qui travaillent dur et les communautés qui dépendent d’eux. » – Lawrence MacAulay, ministre de l’Agriculture du Canada

« On a annoncé un plan pour soutenir nos entreprises, incluant celles du secteur agricole. On suit la situation de jour en jour et on demeure à l’écoute. J’invite les Québécois à mettre le plus souvent possible dans leur panier des aliments d’ici. C’est la meilleure façon de soutenir nos entreprises, nos travailleurs et notre secteur agricole. » – André Lamontagne, ministre de l’Agriculture du Québec