Technologie 20 mars 2025

Qu’est-ce que la culture verticale?

Bien que des fermes verticales commerciales peinent à survivre, ces dernières années, ce mode de culture reste considéré comme une avenue prometteuse. Selon des études initialement financées par la NASA, la culture verticale offre des rendements près de 10 fois supérieurs à ceux de la culture en serre et près de 100 fois supérieurs à ceux de la culture en champs, tout en utilisant peu d’eau et en pouvant produire à l’année.

40 au Québec en 2024 

Il y avait 40 fermes intérieures ou verticales enregistrées au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) en 2024.

Les premières

La première ferme verticale a été mise en fonction au Centre spatial Kennedy en Floride en 1988 par la NASA. Au Canada, les premières fermes ont fait leur apparition autour de 2017.

Objectif 

L’objectif de la culture verticale est de produire le plus de fruits et de légumes par mètre carré en empilant la production verticalement. En 2022, il était estimé  que le marché canadien de l’agriculture verticale connaîtrait une croissance de 20,93 % d’ici 2027. Celle-ci devait être stimulée par l’augmentation de la demande alimentaire, l’évolution des mentalités vers une alimentation qui s’apparente à celle de l’agriculture biologique,  et par le fait que la production verticale ne dépende pas des changements climatiques.  

3 façons de nourrir les plantes

Les plantes peuvent être nourries de trois façons : soit par une solution nutritive dans laquelle les racines baignent tout au long du cycle de production (hydroponie), par un système où les racines sont laissées à l’air libre, mais brumisées d’un mélange contenant des fertilisants (aéroponie) ou par un système jumelé à un élevage de poissons (aquaponie). Sur le marché canadien, l’aéroponie est de plus en plus utilisée.

Éclairage

La seule source de luminosité des plantes provient d’éclairage artificiel, dont le spectre lumineux est choisi en fonction de la plante. L’adoption des lumières DEL, ces dernières années, a permis de réduire la consommation énergétique de ces fermes, mais leurs besoins énergétiques demeurent élevés.  Au Canada, le coût d’éclairage pour l’agriculture verticale dépasse
180 M$ US.

Environnement optimal

La culture verticale vise à produire des végétaux dans un environnement optimal. Les paramètres pouvant affecter la croissance de la plante, tels que la température et l’humidité, sont rigoureusement contrôlés. Les systèmes de contrôle sont entièrement automatisés et font parfois appel à l’intelligence artificielle. 

Aucun pesticide

Aucun pesticide n’est utilisé en agriculture verticale, car il n’existe aucun produit antiparasitaire autorisé au Canada pour ce type de pratique. Cette dernière étant relativement nouvelle, peu de données sont répertoriées sur les systèmes de production. En mai 2024, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) précisait n’avoir reçu aucune demande accompagnée  de données appuyant l’homologation et l’utilisation de produits antiparasitaires pour l’agriculture verticale. Elle devra examiner les risques des pesticides pour la santé humaine et l’environnement. « En attendant que ces données soient soumises et évaluées et que l’utilisation pour l’agriculture verticale soit décrite sur l’étiquette d’un pesticide, il est interdit d’utiliser des produits antiparasitaires pour l’agriculture verticale au titre de la Loi sur les produits antiparasitaires », lit-on sur le site de Santé Canada. 


* Source : MAPAQ, Financement agricole Canada  et Santé Canada