Technique 17 septembre 2025

Déjà la tête à l’hiver

L’été se termine à peine que les déneigeurs ont déjà la tête à l’hiver. Recrutement ardu de main-d’œuvre, explosion du coût des équipements, clientèle de plus en plus exigeante, météo parfois extrême et toujours aussi imprévisible : le secteur du déneigement demeure sous pression.

C’est du moins ce qui ressort du coup de sonde réalisé par L’UtiliTerre au cours des dernières semaines auprès de l’Association des déneigeurs résidentiels et commerciaux du Québec (ADRCQ), ainsi que de propriétaires d’entreprises en déneigement. 

Selon Valérie Lavigne, gestionnaire administrative de Déneigement KPM, à Mascouche, ce secteur d’activité manque cruellement de reconnaissance. « Et pourtant, c’est un service essentiel », laisse-t-elle tomber. 

Il ne faut pas oublier, dans un premier temps, que les employés – et leurs employeurs – doivent composer avec des horaires difficiles, dit Valérie Lavigne.  

Les déneigeurs passent leur hiver à attendre après la météo. La conciliation travail-famille n’est vraiment pas facile. C’est impossible de faire des plans à l’avance. Les opérateurs peuvent en plus passer jusqu’à 12 heures dans leur machine; 12 heures où ils doivent avoir des yeux tout le tour de la tête.

Valérie Lavigne

Cela s’ajoute à la hausse des coûts de la main-d’œuvre (encore difficile à recruter) au cours des dernières années, de même qu’à l’impatience, voire l’incivilité, de certains clients. Dans les circonstances, certains entrepreneurs font des choix, relève le vice-président de l’ADRCQ, Jean-Roch Cardinal et propriétaire des Entreprises Jeroca, à Saint-Jérôme. 

« J’ai un compétiteur qui a décidé de réduire ses trajets, explique M. Cardinal. Il a perdu un employé et n’a pas le goût de le remplacer. Sur ses trois runs, il m’en donne une et demie. Mais, en contrepartie, certaines entreprises veulent quand même prendre de l’expansion. » 

Essentielle technologie

Mais tout n’est pas sombre dans le monde du déneigement. La technologie, et plus particulièrement l’apport des logiciels et applications de gestion, comme ­Follosoft, Flokon et RH Solutions, continue à faire des adeptes et à faciliter le travail de tous, tel que souligné dans un précédent reportage.  

Selon Jean-Roch Cardinal qui a fait le virage technologique il y a quatre saisons hivernales, il s’agit assurément d’une petite révolution. Non seulement le plan de match est clair pour les opérateurs, par exemple avec les routes de déneigement préétablies et le descriptif des exigences de certains clients, mais le renouvellement des contrats s’en trouve également simplifié, ­souligne-t-il.