Des études ont démontré que les sels de déglaçage, que ce soit des chlorures de calcium ou de sodium, altèrent la qualité des eaux souterraines et affectent les végétaux. Photo : Shutterstock
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S'abonner maintenantPour déglacer les entrées résidentielles et les petits chemins de ferme, les pierres et le sable devraient toujours être priorisés, au détriment des sels de déglaçage, nocifs pour l’environnement et les structures. D’autres choix plus écologiques sont également offerts, affirme le chimiste et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, Marc Olivier.
« Ce qui est prôné par Environnement Canada, c’est de n’utiliser que des abrasifs, explique M. Olivier. Mais il peut y avoir des configurations autour de la maison ou de l’étable qui font qu’on a besoin, pour la sécurité, d’avoir quelque chose qui mord dans la glace et la fait fondre. »
Dans ces circonstances, les mélanges enrichis d’acétate de calcium-magnésium, vendus dans les quincailleries et grandes surfaces, peuvent être considérés, dit-il. Ils sont plus chers à l’achat (environ 12 $ pour un sac de 10 kg), mais demeurent très efficaces à des températures d’utilisation avoisinant -20 degrés Celsius.
« C’est un acétate qui est biodégradable, qui n’affecte pas la biodiversité et, comme il est riche en calcium, les plantes aiment ça », explique le chimiste, également professeur-chercheur, récemment retraité du Centre de transfert technologique en écologie industrielle à Sorel.
Bien qu’il soit un peu moins efficace par temps froid, l’urée, un type d’engrais, peut également être utilisée comme produit de déglaçage. « C’est un peu moins rapide que si on utilise un chlorure de calcium ou un chlorure de sodium (des sels de voirie), mais c’est idéal pour préserver le béton, souligne Marc Olivier. Les ions chlorure pénètrent le béton et dégradent sa surface. »
Et le jus de betteraves?
Le jus de betterave pourrait-il représenter une alternative? Des tests ont été réalisés il y a quelques années en Estrie par le ministère des Transports et de la Mobilité durable avec ce liquide sucré, qui a l’avantage d’être biodégradable et sans effet sur l’environnement. Le jus de betterave ne peut toutefois pas être utilisé seul, souligne l’expert.
Pour les tests, le jus de betteraves a été mélangé à un chlorure de calcium. Ça mouille la surface du chlorure de calcium et, comme les voitures circulent à bonne vitesse sur les autoroutes, ça permet au sel de coller sur la surface asphaltée, plutôt que de rouler sur les côtés.
Selon une porte-parole du ministère, les saumures soumises à base de jus de betteraves ne respectent toutefois pas, pour l’heure, l’ensemble des critères des appels d’offres, si bien que les sels de voirie continuent à être largement utilisés sur les voies rapides.
L’entreprise Eco-Forma propose néanmoins un « fondant biologique » composé de chlorure de sodium et d’un concentré de betterave. Le produit est vendu dans certaines grandes surfaces et dans différents formats, au coût d’environ 15 $ pour 10 kg.
Marc Olivier affirme que des études ont démontré que les sels de déglaçage, que ce soit des chlorures de calcium ou de sodium, altèrent la qualité des eaux souterraines et affectent les végétaux.

Il importe donc, selon lui, d’entreposer ces sels, surtout s’ils sont en vrac, dans un endroit fermé, recouvert d’un toit, pour éviter que la pluie et la neige leur permettent de se répandre dans les sols.