Moins de six mois après l’incendie qui a rasé son poulailler, Benoît Fontaine en reconstruisait deux autres cette fois-ci, équipés d’un système à tubes radiants fermés pour son chauffage. Photo : Gracieuseté de Benoît Fontaine
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Victime en juin 2024 d’un incendie qui a complètement rasé son poulailler à Notre-Dame-de-Stanbridge, en Estrie, Benoît Fontaine n’a pas mis de temps à se relever les manches en faisant reconstruire moins de six mois plus tard deux bâtiments de 55 000 pieds carrés dotés cette fois-ci d’un système de chauffage au propane à tubes radiants fermés.
« Dans le quotidien d’un producteur de poulets au Québec, une éleveuse à flamme nue, ça fait partie de sa vie. Dans la mienne, j’ai compris que ce n’était peut-être pas le meilleur choix », raconte le président des Éleveurs de volailles du Québec, qui s’exprime ici à titre personnel pour motiver sa décision.

Lors de la construction des nouveaux poulaillers pouvant accueillir 75 000 poulets chacun, Benoît Fontaine avait confié au journal L’Avenir et des Rivières sa volonté de faire passer graduellement ses autres établissements vers ce type de système : « Nous entendons délaisser de façon progressive le chauffage au propane avec flammes à nu actuellement utilisé dans nos autres établissements au profit de ce nouveau type de chauffage qui a la réputation d’être beaucoup plus sécuritaire. »
Il y a beaucoup de producteurs qui n’aiment pas ce type de chauffage pour des raisons XYZ que je ne connais pas, mais moi, je pense qu’il devrait y avoir des modifications au code du bâtiment. Mais ça, ce n’est pas aux éleveurs à se positionner, c’est aux assureurs et aux constructeurs.
Dans les éleveuses à radiant, le système de chauffage le plus couramment utilisé au Québec, le propane ou le gaz naturel circule à travers un circuit de couveuses installées près du sol, avec une flamme nue juste au-dessus de la ripe. Le risque d’incendie est particulièrement plus élevé quand le producteur commence à chauffer son poulailler en prévision de l’arrivée de nouveaux poussins, avec de la ripe fraîche sur le plancher.
Un système installé au plafond
Dans le cas d’un système de chauffage au propane à tubes radiants fermés comme celui qui équipe les nouveaux poulaillers de Benoît Fontaine, les tubes, d’une cinquantaine de pieds de longueur et de 4 pouces de diamètre, sont installés au plafond, juste en dessous d’un diffuseur de chaleur.
« Contrairement au système conventionnel d’éleveuse qui dégage plus de chaleur en dessous et moins à mesure qu’on s’en éloigne, les tubes radiants fermés vont chauffer également partout à l’intérieur du bâtiment », explique Patrick Blais, représentant chez E.M.L., un marchand d’équipements de ferme situé à Ange-Gardien, en Montérégie.

Mais surtout, la flamme qui alimente le système tourbillonne à l’intérieur du tube, sans qu’on puisse l’apercevoir de l’extérieur. « On ne voit pas de flammes nues comme dans l’autre système. Et en plus, on va chercher l’air de l’extérieur de la bâtisse. Ce qui fait qu’on n’aspire pas de l’air vicié à l’intérieur ou de l’air avec de la poussière. Comme ça, les chances d’incendie sont minimisées de beaucoup », ajoute Patrick Blais.
Les systèmes à tubes radiants fermés ne sont pas une nouveauté, mais ils connaissent un regain de popularité, reconnaît le représentant de E.M.L. « C’est arrivé dans les années 1980 et ça a été populaire au début, mais les éleveurs se sont tournés vers les éleveurs radiants qui étaient moins coûteux. Les premiers systèmes n’étaient pas très performants, mais aujourd’hui, la qualité des équipements s’est beaucoup améliorée. En Ontario, c’est un système qui est de plus en plus utilisé par les éleveurs », indique Patrick Blais.

Le système à tubes radiants fermés offre également la possibilité d’installer une cheminée pour diriger les vapeurs à l’extérieur. « En brûlant du gaz, tu génères un taux d’humidité plus élevé. Avec une cheminée, on vient le diminuer tout en abaissant le taux de CO2 dans le poulailler. Avec un bâtiment qui a un bon système de ventilation, le producteur peut se passer d’une cheminée, mais dans des espaces plus clos, ça peut représenter un avantage », conclut-il.