Financement agricole Canada croit que la tendance baissière du prix du poulet perdurera en 2025 à cause de la réduction des prix des aliments pour animaux, un élément qui se répercute tout au long de la chaîne, jusqu’à l’épicerie. Photo : Archives/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenant
Malgré une baisse de 20 % du seuil de l’immigration en 2025, ce qui aura pour effet de ralentir la croissance démographique au pays, Financement agricole Canada (FAC) se montre tout de même optimiste quant aux perspectives du marché des poulets à griller avec une hausse prévue de la production de 1,2 %.
Le marché de la volaille étant assujetti aux règles de la gestion de l’offre, la croissance de la population est un facteur déterminant pour décider du niveau de production auquel devront s’ajuster les aviculteurs.

« Mais il y a une deuxième variable; c’est le prix des substituts, précise Sébastien Pouliot, consultant pour Services économiques Pouliot. Présentement, le prix du bœuf est élevé et je ne le vois pas descendre avant un an ou deux. Puis, le prix du porc est un peu plus faible que le bœuf, mais il demeure plus élevé que celui du poulet. Ce sont des éléments qui vont favoriser la consommation de poulet. »
Depuis le début de la pandémie en 2020 jusqu’à aujourd’hui, les prix de détail du poulet ont bondi de 24 %, ceux du porc de 14 % et ceux du bœuf de 39 %. Mais depuis le début de l’année 2024, les prix de détail du poulet ont régressé de 3,7 %, tandis que ceux du porc et du bœuf ont augmenté respectivement de 2,2 % et de 9,6 %.
FAC croit que cette tendance perdurera en 2025 à cause de la réduction des prix des aliments pour animaux, un élément qui se répercute sur le prix du poulet tout au long de la chaîne, jusqu’à l’épicerie.
En ce moment, en effet, on a de gros stocks de maïs et de soya en réserve. Comme le prix du poulet à la ferme est déterminé selon le coût des intrants, les prix de ces céréales sont actuellement bas, ce qui fait que celui du poulet devrait le rester relativement aussi.
Et les impacts de la guerre commerciale?
Quant à la guerre commerciale que livrent les États-Unis au Canada, les impacts sur le marché de la volaille devraient être limités dans un premier temps, croit le consultant. « Étant donné que pour l’alimentation animale, le Québec et l’Ontario sont autosuffisants dans leur production de maïs, on devrait bien s’en tirer. Mais si on devait avoir une mauvaise récolte et qu’on avait besoin d’en importer des États-Unis ou du tourteau de soya et que le Canada impose à son tour des droits de douane sur ces matières, ça pourrait être plus dommageable. »
Il faudra surveiller selon lui les produits que le gouvernement canadien décidera de taxer dans sa riposte au voisin américain. « Il faudrait voir jusqu’à quel point nous nous approvisionnons aux États-Unis pour ces matières, mais si le Canada devait taxer les suppléments ajoutés à l’alimentation, les antibiotiques, les engrais, la machinerie agricole dont se servent les producteurs de volaille, ça pourrait avoir un impact important. »
Notons que la prévision de la hausse de production de 1,2 % de FAC est basée sur un scénario prévoyant une croissance démographique de 0,5 % au pays. Dans l’éventualité où les prix du bœuf et du porc continueraient d’augmenter et que celui du poulet demeurerait stable, la production de poulets à griller pourrait être légèrement supérieure à l’estimation de départ.