C’est pour exprimer de l’insatisfaction face au nettoyage des cours d’eau que Raphaël Grenier-Damphousse a commencé à s’intéresser à la politique municipale. Photo : Gracieuseté de Raphaël Grenier-Damphousse
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S'abonner maintenantCertains sujets de préoccupation sont revenus souvent dans les entretiens de La Terre avec des candidats et de nouveaux élus. En voici quelques-uns.
Le manque d’eau
Les éoliennes divisent habituellement les élus de Saint-Célestin, dans le Centre-du-Québec, mais ces jours-ci, c’est le manque d’eau qui les préoccupe. La municipalité n’a pas de réseau d’aqueduc, explique le conseiller et producteur de grandes cultures Thomas Leblanc, et les puits qui servent aussi à abreuver les animaux de ferme sont à sec. « On regarde avec les villages voisins, mais il n’y a personne qui a de l’eau. Tout le monde a peur de nous en laisser parce que s’il en manque pour leurs citoyens, ça va être malaisant un peu pour eux autres », indique-t-il, en précisant que l’administration compte creuser un nouveau puits prochainement. À Saint-Damase, en Montérégie, Pierre-Luc Barré, qui se présente à la mairie, fait valoir que le manque d’eau qui persiste depuis de nombreuses années bloque le développement d’industries comme Exceldor, Olymel et l’ancienne usine d’Agropur dans sa municipalité.
On a besoin d’eau. On est tout le temps en déficit, année après année. Il faut qu’on trouve une solution.
Le nettoyage des cours d’eau
À Maskinongé, en Mauricie, l’aspirant conseiller Raphaël Grenier-Damphousse indique que l’obtention des permis nécessaires au nettoyage des cours d’eau est encore problématique. « J’ai acheté ma terre en 2019. J’avais eu une rencontre pour creuser le cours d’eau en 2019. Ce n’est pas encore fait et ils me parlent de 2028 », dit le producteur de grandes cultures. C’est d’ailleurs pour exprimer de l’insatisfaction face au nettoyage des cours d’eau qu’il a commencé à assister, en tant que citoyen, aux séances du conseil municipal, ces dernières années. S’il est élu, il ramènera le dossier à la table, ainsi que celui de l’entretien des chemins agricoles.
Les terres en friche
Les terres en friche et la cohabitation avec les non-agriculteurs sont les principaux enjeux dans la région de Charlevoix-Ouest, selon Carl Gilbert, qui souhaite devenir maire de Saint-Urbain. « Vu qu’on est à un endroit plus touristique, il y a beaucoup de propriétaires de terres non agriculteurs qui [décident que] finalement, tu ne mettras pas de pesticides, tu ne mettras pas de lisier parce qu’on ne veut pas que ça sente. Ça désintéresse les producteurs de produire sur ces terres-là, ce qui fait en sorte que des fois, elles prennent en friche. L’enjeu des terres en friche dans Charlevoix, je pense qu’il faut trouver des moyens de limiter ça au maximum », dit-il.
La politique afin de donner au suivant
Le 3 octobre, la productrice laitière Chantale Lauzon a été la première femme élue mairesse de Notre-Dame-de-Bonsecours, une petite municipalité de 290 habitants près de Montebello, en Outaouais. Celle qui travaille à temps plein à la ferme depuis trois ans estime que son nouveau rôle et son mode de vie agricole sont deux choses différentes. « L’agriculture me tient à cœur, dit-elle, mais je ne vais pas là parce que je suis agricultrice, pas du tout. Moi, c’est de m’impliquer, de donner au prochain, que les règles soient bien respectées. Je suis transparente, je suis intègre, le monde me connaît. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que je n’ai pas eu d’opposition », dit celle qui a été élue par acclamation. L’éleveuse de 49 ans mentionne qu’à l’instar de son conjoint, qui « va chercher son social » dans son rôle de pompier volontaire, elle profitera de ce nouveau défi pour apprendre et socialiser en dehors de la ferme. « Ça nous aide à continuer, de s’impliquer, soutient-elle. Et c’est valorisant d’aider son prochain. »

Recruté pour son expérience
Comme 700 petites municipalités du Québec, Saint-Thomas-Didyme, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a volontairement réduit la taille de son conseil municipal en 2025 pour pallier les difficultés récurrentes de recrutement à ces postes. L’ancien producteur laitier Mario Théberge, qui a présidé la fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles, s’est officiellement joint à l’équipe d’élus le 3 octobre. « Étant donné que j’étais connu dans le coin, la mairesse [sortante], qui a été là pendant 26 ans, [et son prédécesseur] m’ont approché cet hiver et ce printemps, raconte-t-il. Puisque c’est un conseil municipal qui passe de six conseillers à quatre, ils ont dit qu’ils voulaient en avoir quatre bons. J’avais du temps en masse, alors j’ai accepté », explique celui dont les précédentes fonctions lui ont fait connaître des députés et des ministres. Bien qu’il y ait peu d’agriculture à Saint-Thomas-Didyme, l’élu s’assurera que le développement de la villégiature se fasse dans les règles de l’art et non au détriment du territoire agricole et forestier. « Je reste un producteur dans l’âme », fait-il valoir.

Un véritable coup de foudre politique
Ce qui motive Thomas Leblanc, un producteur de grandes cultures de 23 ans réélu sans opposition à Saint-Célestin, dans le Centre-du-Québec, c’est d’être au cœur des décisions. « Mon grand-père était bien impliqué politiquement à l’Union des producteurs agricoles. Il a déjà été conseiller à Yamachiche. Il écoutait beaucoup la radio et il m’expliquait que c’était important de connaître les nouvelles, de s’informer. Ça m’était resté dans la tête, mais quand on est jeune, on n’écoute pas tant que ça. À un moment donné, j’ai vu un poste qui se libérait, puis je ne voyais personne se présenter. Je me suis essayé, et ça a été le coup de foudre », dit-il.
La rencontre de politiciens au congrès de la Fédération québécoise des municipalités, en septembre, a d’ailleurs renforcé son intérêt pour la politique municipale. « Ça m’a vraiment donné le goût d’en faire plus. Même à dire que l’agriculture, c’est tout le temps ce que je vais faire de ma vie, c’est sûr, mais ça serait ça en deuxième », mentionne celui qui pousse ses amis de la relève agricole à s’impliquer aussi.
