Alors que la campagne électorale municipale bat son plein à la grandeur du Québec, des agriculteurs briguent un mandat de maire ou de conseiller en vue du scrutin du 2 novembre.
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S'abonner maintenantAlors que la campagne électorale municipale bat son plein à la grandeur du Québec, des agriculteurs briguent un mandat de maire ou de conseiller en vue du scrutin du 2 novembre. Si certains voient cette implication comme une occasion de devenir un chien de garde de l’agriculture dans l’instance démocratique qui les touche au plus près, d’autres sont poussés par une volonté de faire changer les choses ou de donner au prochain.
Advenant une victoire à la mairie de Saint-Urbain, dans Charlevoix, le 2 novembre, Carl Gilbert, producteur laitier de 47 ans, espère modifier le rapport de force des agriculteurs dans sa MRC.

On chiale ben gros contre nos élus, mais quand il n’y a personne dans l’agricole parmi eux, c’est facile de chialer. Mais quand on est assis à la table, je pense qu’on a un rapport de force supplémentaire à ce niveau-là .

S’il est élu conseiller à Saint-Malachie, dans Chaudière-Appalaches, le producteur acéricole, forestier et de foin Simon Théberge promet lui aussi d’incarner le lien entre les agriculteurs et les autres citoyens.
C’est après avoir pris part au mouvement de blocage des sentiers de motoneige, en janvier dernier, pour contester l’adoption d’un règlement de la MRC régissant l’abattage d’arbres que le producteur laitier, acéricole, forestier et de grains Stéphane Richer s’est décidé à briguer un poste de conseiller à la municipalité de Saint-Adrien, en Estrie. « Je ne suis pas sûr que je vais passer, mais en tout cas, je l’essaie », affirme-t-il.

À la défense des rangs

Justin Chabot, qui se présente comme conseiller municipal à Saint-Albert, dans le Centre-du-Québec, souhaite faire une différence pour ceux qui habitent en périphérie. « Il y a des conseillers municipaux qui sont issus du village, qui ne savent pas vraiment ce qui se passe dans les rangs », souligne le conseiller en productions végétales qui a déjà porté le chapeau de conseiller municipal pendant 10 ans, de 2003 à 2013.
Lorsqu’elle a été élue à titre de conseillère, en 2021, à l’âge de 23 ans, Anne-Sophie Paquet avait aussi à cœur de représenter les habitants de la périphérie de Neuville, dans Portneuf, et de sensibiliser les autres élus à l’importance de protéger le territoire agricole. Durant les quatre dernières années, l’éleveuse multiespèces est parvenue à convaincre la municipalité de ne pas soumettre les fermes du territoire à l’obligation provinciale d’installer des compteurs d’eau dans les commerces, notamment.
Réélue par acclamation le 3 octobre, elle souhaite élargir ses horizons en s’intéressant davantage aux loisirs et aux infrastructures municipales, mais veillera à ce que le taux de taxation des terres agricoles reste attrayant afin de favoriser l’implantation de la relève agricole. « Je veux être un peu un chien de garde par rapport à ce dossier-là pour le prochain mandat », fait-elle valoir.

« Mêlez-vous de vos affaires! »
Le producteur de poulet de chair et de grandes cultures Normand Teasdale cumule 20 ans d’expérience en politique municipale. Le maire de Saint-Mathieu-de-Beloeil, en Montérégie, qui vient d’être réélu par acclamation, a ce conseil à donner à ses collègues agriculteurs : « Impliquez-vous, mêlez-vous de vos affaires! S’impliquez dans les organisations dont on fait partie, c’est s’occuper de ses affaires. » « Savoir où notre argent des taxes est dépensé, puis pour quelles raisons, etc., je pense que c’est quelque chose pour lequel on devrait tous un jour s’impliquer. Pas toujours comme maire, ça c’est sûr, mais au moins de participer aux réunions du conseil, puis connaître un peu plus comment on intervient avec notre argent », soutient l’homme de 71 ans. Il précise que les agriculteurs font partie du portrait économique et social et qu’il est important que les non-agriculteurs soient en contact avec eux afin d’être sensibilisés à leur réalité.
De ses années d’implication, le septuagénaire retient surtout la reconnaissance du public envers le métier d’agriculteur. « Je vous dirais qu’en s’impliquant, on retrouve beaucoup de gratitude, parce que moi je constate que les relations sont bonnes avec nos résidents. De plus en plus, les gens sont conscients du travail fait par les producteurs agricoles. Il y a une forme de reconnaissance de la plupart des gens », souligne Normand Teasdale.
