L’actuel président, Claude Corbeil. Photo : Courtoisie Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantÀ quelques semaines de son ouverture, le Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe s’apprête à accueillir quelque 14 000 visiteurs et 250 exposants, confirmant son statut d’événement incontournable pour le milieu agricole québécois. Mais derrière l’effervescence habituelle se trouve une volonté affirmée : offrir aux producteurs un véritable regard sur l’avenir de leur profession.
C’est l’objectif que s’est donné Claude Corbeil, président depuis septembre du comité consultatif Expo-Champs/Salon d’agriculture, rattaché à la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe. « On est dans un mouvement de changement qui ne va pas s’arrêter », résume-t-il, convaincu que les nouvelles réalités agricoles exigent des espaces d’échange entre producteurs et de formation plus pertinents que jamais. D’ailleurs, à quelques reprises durant l’entrevue, il utilise l’expression « salon 2.0 » en référence à l’apport important que prennent les nouvelles technologies.
Trois journées, trois regards
Pour la première fois, le Salon déclinera ses activités autour de trois thématiques distinctes, chacune correspondant à une journée : Inspirer (mardi); Entreprendre (mercredi); et Innover (jeudi). Ces axes définissent l’esprit même de l’événement. « L’agriculture évolue beaucoup et il faut être à l’affût de tout », souligne M. Corbeil. Pour lui, cette organisation par thèmes permet de structurer la réflexion et de mieux répondre aux besoins diversifiés du milieu.
La programmation abordera des sujets qui façonnent directement l’avenir des fermes québécoises : marque entrepreneuriale, enjeux géopolitiques, intelligence artificielle, changement climatique, transfert d’entreprise, et plusieurs autres questions qui touchent autant les jeunes producteurs que la relève expérimentée.
Deux événements complémentaires
Bien que le Salon de l’agriculture et Expo-Champ soient intimement liés, M. Corbeil rappelle qu’ils ont chacun leur identité.
« L’hiver, on présente les machines, les services, l’expertise, les produits spécialisés. L’été, c’est la démonstration de machinerie », explique-t-il. En janvier, on peut davantage se concentrer sur des enjeux moins visibles, mais tout aussi déterminants : financement, innovation technologique, services professionnels ou encore regroupements sectoriels.
Les kiosques, répartis stratégiquement, permettent aux visiteurs de naviguer efficacement entre les différents secteurs d’activité.
Avec le coût élevé des intrants, des équipements et des investissements en général, on n’a pas le luxe de se tromper. Avant d’acheter une machinerie ou de revoir ses pratiques, il faut s’appuyer sur une information solide. Les salons nous permettent de comprendre comment, pourquoi et avec qui travailler.
Un milieu en pleine mutation
Lorsqu’il parle de l’avenir, Claude Corbeil n’a aucune hésitation. Il évoque une agriculture secouée par les transformations technologiques, mais aussi portée par une capacité d’adaptation remarquable. « Aujourd’hui, si mon GPS ne marche pas sur mon tracteur, j’arrête. On est rendus là. Les jeunes arrivent avec une tablette dans les mains. Il faut suivre, sinon on décroche », affirme-t-il. M. Corbeil ne perçoit pas cette évolution comme une menace, mais comme une opportunité.
Le Salon permet d’ailleurs de mettre en dialogue la technologie, les connaissances et le quotidien des producteurs.