Les organisateurs du Salon, en 1987. De gauche à droite, Léon Guertin, Jean-Paul Vermette, Gaétan Villeneuve, Florent Fortier et Yvon Dumoulin. Photos : Courtoisie Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe
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S'abonner maintenantEn 1986, peu de gens auraient imaginé que quelques journées d’exposition tenues dans le garage de l’ITA de Saint-Hyacinthe deviendraient, quatre décennies plus tard, l’un des rendez-vous agricoles les plus importants au Québec. Porté par la vision de deux pionniers – Florent Fortier, banquier, et Jean-Paul Vermette, producteur porcin – le Salon de l’agriculture souffle cette année ses 40 bougies.
« À l’époque, la Semaine du cultivateur venait de disparaître, et il fallait absolument maintenir un lieu d’échange pour les producteurs », rappelle Léon Guertin, qui a siégé au conseil d’administration dès les premiers jours et dirigé le Salon pendant neuf ans.
Le but, c’était vraiment d’offrir un lieu de rencontre où les fournisseurs pouvaient présenter les nouveautés et où les producteurs échangeaient entre eux sur leurs bons et leurs moins bons coups.
Deux déménagements
D’abord hébergé à l’ITA, le Salon doit rapidement se relocaliser : les corridors et le grand garage ne suffisent plus pour contenir les machineries et les kiosques face à un achalandage grandissant. En janvier 1987, l’événement déménage à l’Hôtel des Seigneurs, attirant près de 3 000 visiteurs dès sa première édition.

« Les exposants adoraient cette place-là parce qu’il pouvait loger sur place », se souvient Donald Côté, directeur général de 2000 à 2008. « L’hôtel avait des salles de réunion et une salle de bal suffisamment grande pour accueillir des batteuses, des tracteurs et autres machineries », dit-il. Or, l’endroit a fait face à un conflit de travail et est devenu lui aussi exigu avec une liste d’attente de plus d’une centaine d’exposants.
M. Côté a orchestré le transfert au Centre BMO et au Pavillon des Pionniers en 2008, après des années de croissance. « Trouver de la place pour tout le monde, relocaliser les kiosques, négocier les déplacements… ce n’était pas une mince affaire », dit-il. En revanche, l’endroit offrait beaucoup d’espace, tant pour la machinerie que pour les kiosques de services et les salles de conférence. Des tunnels ont même été construits afin de relier les différents pavillons, facilitant la circulation des visiteurs et des exposants.
Une même mission
Au-delà de la logistique, le Salon est demeuré fidèle à sa mission première : informer et outiller le milieu agricole. Services spécialisés, innovations mécaniques et technologiques font partie de son ADN. « Même si ce n’était pas la partie payante, on tenait absolument à maintenir le volet conférence, parce que ça améliore les pratiques et la rentabilité des fermes », insiste Léon Guertin.
Les besoins des producteurs ont également inspiré la création d’Expo-Champs, né du désir de voir les machines « en action ». Mais, le Salon d’hiver demeure un moment privilégié pour les échanges.
« En janvier, les producteurs ont le temps de jaser. Certains revenaient même deux fois durant la semaine », raconte
M. Guertin. Il est difficile de quantifier précisément les retombées économiques de l’événement, mais les rencontres et discussions sur place débouchent souvent sur des transactions et des partenariats chez les concessionnaires.
Des défis imprévisibles
Au fil des ans, le Salon a dû composer avec des défis parfois imprévisibles : tempêtes, froid extrême, verglas ou surcharge d’achalandage. Il a aussi dû se renouveler d’une présentation à l’autre. Il a aussi innové en tenant pendant quelques années le Gala Cérès et le Concours Innovation, qui ont contribué à mettre en lumière le dynamisme entrepreneurial des agriculteurs.
Aujourd’hui, le Salon se définit comme une plateforme incontournable pour accéder au marché agricole québécois, un lieu où se rencontrent producteurs, fournisseurs, experts et jeunes gestionnaires.
« Le Salon, c’est un véritable moteur d’innovation. Il fait progresser l’agriculture », conclut Donald Côté.