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S'abonner maintenantIl s’en passe des choses en 40 ans! Nous avons rassemblé quelques anecdotes cocasses, et d’autres moins, qui auront marqué chacune à leur façon les différentes éditions du Salon de l’agriculture.
Le gala noyé par un bain-tourbillon
Au milieu des années 2000, lors d’un gala Cérès à l’Hôtel des Seigneurs, alors que la soirée battait son plein, quelques gouttes tombèrent soudain du plafond. « On a commencé par tasser les tables », se rappelle Donald Côté. Mais rapidement, les gouttes devinrent un véritable torrent. Après vérification, on découvrit qu’un couple, dans une suite située juste au-dessus, avait oublié de fermer le robinet du bain-tourbillon. « On a réussi à sauver la soirée, mais c’est resté une des anecdotes les plus marquantes de l’histoire du Salon », dit-il.
Le verglas de 1998
L’édition 1998 restera gravée dans la mémoire de l’organisation. Quelques jours avant l’ouverture prévue, une tempête de verglas paralyse la région. « On a été obligés de repousser l’événement de plusieurs semaines », explique Léon Guertin. Le Salon, habituellement tenu sur trois jours, est alors compressé sur une fin de semaine seulement. « Évidemment, l’achalandage en a souffert. On sentait encore l’impact plusieurs années plus tard. » Une démonstration frappante de la vulnérabilité d’un événement hivernal aux caprices de la météo.

Le salon… après le Salon
À l’époque de l’Auberge des Seigneurs, le Salon ne se terminait pas à 17 h. Grâce aux nombreuses suites de l’hôtel, notamment celles réservées par les banques et les caisses, une véritable vie nocturne se créait après la fermeture officielle. « Les visiteurs montaient dans les étages et allaient faire le tour des suites », raconte Léon Guertin. Discussions, rencontres et réseautage se poursuivaient jusque tard en soirée. « C’était un prolongement naturel du Salon, quelque chose de très apprécié, mais impossible à reproduire aujourd’hui, puisque nous ne sommes plus directement reliés à un hôtel. »
La folie des robots de traite
Au début des années 2000, la présentation des premiers robots de traite provoque une véritable cohue. « Il y avait tellement de monde que la sécurité voulait fermer les portes pour surcharge », raconte Léon Guertin. L’équipe réussit finalement à négocier une solution : un visiteur entre, deux sortent. « On se faisait littéralement porter par la foule dans les allées. Les robots de traite, c’était nouveau, presque futuriste. Les gens voulaient absolument voir ça. »
Le changement de nom qui a tout déclenché
À son arrivée à la direction, Donald Côté est interpellé par une agricultrice, Lise Tremblay, qui lui dit franchement que le nom Salon de l’agriculteur « ne marche plus », parce qu’il laisse entendre que l’événement s’adresse seulement aux hommes. Elle lui propose alors de le renommer Salon de l’agriculture. « Ce n’est pas comme changer un bout de papier », raconte M. Côté en évoquant la charte, les documents légaux et toute l’image de marque à revoir. Pourtant, le conseil d’administration adopte rapidement la suggestion, jugeant l’argumentaire solide et la démarche nécessaire. Le changement entraîne des coûts importants, mais marque une modernisation symbolique majeure : un Salon ouvert à tous, reflétant mieux la réalité agricole québécoise.


Le Salon comme grand rendez-vous humain
« Pour nous, le Salon de l’agriculture est avant tout une occasion de réseauter et de partager. C’est un moment où les membres de notre réseau de meuniers Shur-Gain se rassemblent, souvent après avoir travaillé toute l’année dans des régions éloignées, et retrouvent aussi leurs clients. C’est également l’occasion de participer à des tables rondes, ou d’y assister pour soutenir collègues, clients et partenaires. Le Salon, pour tout notre secteur, c’est vraiment un temps fort où l’industrie agricole se rassemble : on y partage notre expertise, nos innovations, mais aussi de très bons moments entre collègues, clients et acteurs du milieu. »
– Anne-Marie Saint-Germain, Directrice des communications, Trouw Nutrition – Amérique du Nord

Innotag érige le premier kiosque à deux étages
En 2013, Innotag devient la première entreprise de l’histoire du Salon de l’agriculture à installer un kiosque à deux étages, une véritable mezzanine conçue à partir de plans d’ingénieur pour garantir la solidité de la structure. « Tout était conforme, approuvé, et on était vraiment fiers d’amener ici un concept qu’on voyait seulement dans les grands salons internationaux », se souvient Vincent Machabee, d’Innotag. Mais, l’euphorie est de courte durée : en pleine exposition, les pompiers interviennent et jugent la mezzanine non conforme, puisqu’elle n’est pas équipée de gicleurs sous la plateforme – un risque en cas d’incendie. On exige presque son démantèlement immédiat. L’année suivante, déterminée à poursuivre l’innovation sans contrevenir aux règles de sécurité, l’entreprise opte pour une nouvelle approche : deux conteneurs de 20 pieds empilés, entièrement métalliques, avec escalier et garde-corps vitré, solution ingénieuse qui élimine les risques liés aux matériaux combustibles.
« On n’a jamais voulu contourner les règles, mais trouver une solution », souligne M. Machabee. Le kiosque à deux étages d’Innotag sera utilisé plusieurs années et demeure, encore aujourd’hui, un exemple marquant de créativité et d’audace au Salon.

Quarante ans et quelques légendes de Jolco
Depuis les touts débuts, Jolco Équipements est fidèle au rendez-vous du Salon de l’agriculture.
« Au fil de ces quatre décennies, ce ne sont pas seulement des équipements que nous avons vus défiler, mais aussi des générations, des carrières et quelques rencontres inoubliables », raconte Michel Dion, Directeur Développement des affaires. Le Salon a même été témoin d’un moment charnière de l’histoire de l’entreprise : son changement de nom. À l’époque connue sous le nom de J.O. Lévesque, elle adopte officiellement le nom Jolco, issu de J.O.L. Corporation, une décision majeure vécue en direct avec la communauté agricole.
Et puis, il y a ces souvenirs qui frôlent la légende. « Parmi les visiteurs marquants, Pierre Bouchard, des Canadiens de Montréal des années 70, devenu plus tard propriétaire d’une entreprise agricole dans la région de Verchères et qui gardait un lien étroit avec la famille Lévesque, passait toujours nous saluer lors de ses visites au Salon », ajoute M. Dion. Une autre figure mythique du CH aurait peut-être aussi foulé les allées : Mats Näslund, le « petit Viking », qui confiait ses chevaux au père de Claude Lévesque, le propriétaire de Jolco Équipements. « Selon certains récits internes, il aurait lui aussi fait un passage discret à notre kiosque », dit M. Dion. Mais voilà : aucune photo, aucun témoignage formel, seulement des souvenirs flous et des histoires qui se murmurent encore aujourd’hui. Mythe ou réalité? Le mystère demeure.

Monitrol, le kiosque où l’on vient… se reposer
« Chez Monitrol, après plus de 35 ans à aider les producteurs à garder le contrôle de leur environnement grâce à des solutions fiables et pensées pour le terrain, l’objectif a toujours été de simplifier la vie des éleveurs – parfois au point où même le kiosque devient dangereusement confortable », raconte Chantal Veilleux. Moment mémorable lors d’un salon : un visiteur s’est installé dans le fauteuil du kiosque, a fermé les yeux… et s’est offert deux minutes de repos bien méritées. Verdict unanime : le kiosque Monitrol serait officiellement plus reposant qu’une salle de pause. Une preuve, s’il en fallait une, que performance, tranquillité d’esprit et confort peuvent aussi faire partie de l’expérience Salon.
