Jeremy Boulais et son père, Jean-François, savouraient une belle victoire familiale en compagnie de leur attelage de six chevaux. Photo : Martin Ménard/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-HYACINTHE – Par cette chaude soirée du 27 juillet, le jeune Jeremy Boulais, 18 ans, traverse le site de l’Expo agricole de Saint-Hyacinthe aux commandes de ses six chevaux lourds; les agents de sécurité s’assurant que les visiteurs laissent filer son attelage vers l’aréna où la foule attend ces nobles animaux tirés à quatre épingles et avançant avec un trot lourd et parfaitement synchronisé.
« Quand tu rentres dans l’aréna et tu vois les gens, c’est vraiment le fun! Il faut par contre que tu restes concentré, car tu veux montrer tes chevaux à leur meilleur. Tu ne veux pas manquer ton coup parce qu’on ne peut pas tout prévoir; ils peuvent avoir peur de quelque chose. Il y a une petite nervosité, mais c’est ce qui rend ça spécial, c’est ce qui fait que ça compte pour toi, c’est l’adrénaline de conduire six chevaux et de montrer nos chevaux qu’on a entraînés toute l’année », commente Jeremy, qui a d’ailleurs terminé premier lors de cette soirée de compétition.
Rencontré après la victoire, son père, Jean-François Boulais, cachait mal ses sentiments.
C’est toute une fierté de gagner. C’est beaucoup de travail pour en arriver là. On en est bien fiers. Tout le monde essaie de s’améliorer chaque année; ils investissent, ils changent des chevaux. Nous, on a quatre chevaux des États-Unis. On a entraîné nos chevaux encore plus fort, on a travaillé sur du fine tuning. Mais tu ne sais jamais quand tu achètes de jeunes chevaux. Ça peut prendre du temps avant d’atteindre un certain niveau.
Jean-François Boulais est fier de son attelage et de son fils. Sans toutefois lui mettre trop de pression, il lui réserve de beaux qualificatifs. « Il a 18 ans. Pour son âge, c’est rare de conduire dans des compétitions et de gagner. Il est assez talentueux. Il a l’œil pour rendre les chevaux meilleurs. C’est un peu un jeune prodige », évalue M. Boulais, de Mont-Saint-Grégoire. Jeremy n’en est pas à sa première victoire. « L’an passé, en Ontario, il a même gagné [en conduisant un attelage] à huit chevaux », signifie son père.
Persévérance
La victoire arrive rarement seule. L’entraînement dans l’ombre et la persévérance y jouent pour beaucoup. Les périodes difficiles aussi. « C’est beaucoup de temps d’entraînement, quatre à cinq jours par semaine, et jusqu’à tard le soir. C’est décourageant parfois. Tu rentres à 21 h et rien n’a marché. Les chevaux n’ont pas fait ce que tu essayais. C’est décourageant avec tout le temps d’entraînement que tu as mis et le prix qu’on paie les chevaux », décrit Jeremy. Les victoires et les bons commentaires deviennent alors gratifiants. D’ailleurs, ses performances de l’an dernier lui ont permis de se faire remarquer et d’être invité en Floride cet hiver pour travailler avec une écurie. Il s’était aussi envolé pour l’Alberta à 16 ans pour prendre de l’expérience avec les chevaux.
J’ai appris plein de techniques, pas juste de conduire des attelages à chevaux multiples, mais aussi comment se comporter avec les chevaux. De petits détails qui te permettent de comprendre comment tu peux mieux communiquer avec eux et comment travailler avec des chevaux plus difficiles.
Son rêve serait d’œuvrer dans la compétition d’attelage de chevaux à temps plein et d’être payé pour le faire, comme certaines écuries américaines le font. De manière plus réaliste, Jeremy aimerait simplement poursuivre le même type d’élevage et de compétitions que ses parents. « Si je pouvais juste continuer, amener ma passion plus loin, avec une bonne équipe, c’est-à-dire autant les gens de l’équipe que les chevaux. Ici, au début, c’était plus difficile, mais là, on s’en vient bon dans le marché du Québec. »
Famille soudée
Si Jeremy a été élevé dans l’univers des chevaux, il en est de même pour Jean-François, qui s’est fait transmettre la même passion par son propre père. « Ensuite, ma blonde, Stephanie, qui ne venait pas du milieu, m’a suivi là-dedans et nos enfants aussi, avec ma fille, Alexia, qui fait aussi des compétitions. On travaille ensemble, et le fait d’avoir ce but commun de s’améliorer, ça nous rapproche. Ça nous permet de passer du temps ensemble. C’est un aspect super positif », expose M. Boulais.
L’adrénaline des compétitions contribue à souder la famille, dit-il. « On a vécu plein de beaux moments. Quand on a des victoires comme ce soir, on vit des émotions, parfois avec quelques larmes de fierté. On crée aussi des affinités avec des compétiteurs et d’autres familles qui vivent la même chose que nous. »