Pommes de terre 26 mars 2025

Résidus post-récolte : un projet pour explorer les pistes de valorisation

Le Groupe AGÉCO et SOLINOV entreprennent ce printemps un projet visant à quantifier et à caractériser les résidus post-récolte de la filière de pommes de terre au Québec dans le but de proposer des solutions afin de réduire leur quantité à la source et de documenter les avenues disponibles pour leur valorisation.

« C’est un projet qui s’inscrit dans la feuille de route de la pomme de terre responsable que nous avons développée en 2022 pour les Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ). L’un des quatre piliers inscrits dans le document était justement de réduire les pertes et de valoriser les résidus de récolte et de transformation de la filière », indique Catherine Brodeur, agronome au Groupe AGÉCO.

Catherine Brodeur, agronome au Groupe AGECO Gracieuseté du Groupe AGECO

Dans un premier temps, un sondage sera envoyé ce printemps aux producteurs et aux transformateurs afin de documenter leur réalité.

Ça nous permettra de quantifier et de qualifier les résidus. Ils sont où? Quel type de résidus? Est-ce différent entre par exemple le prépelage, la croustille, la pomme de table, la semence? On veut vraiment documenter les volumes par région, par catégorie et la nature des résidus autant à l’étape de la production qu’à l’étape de la transformation.

Catherine Brodeur, agronome au Groupe AGÉCO

Présentement, les données de qualité à ce sujet sont quasiment inexistantes, si ce n’est que près du tiers des producteurs sondés en 2022 lors de l’élaboration de la feuille de route n’étaient pas en mesure de quantifier l’importance des résidus post-récolte dans leur entreprise. La même enquête révélait qu’un peu plus de 30 % des résidus servaient pour l’alimentation animale et 40 % étaient simplement épandus ou accumulés en amas aux champs, sans valorisation.

C’est une fois les résultats compilés que SOLINOV, en tant que firme d’experts-conseils en environnement, interviendra dans le projet pour documenter les avenues de valorisation des pommes de terre. C’est cet automne que les deux firmes prévoient remettre les résultats de leur travail aux PPTQ. 

« Étant donné que notre projet couvre l’ensemble de la filière, de la pomme de terre de semence au marché de table en passant par le prépelage (frites) et la croustille, on pourrait arriver avec des recommandations qui proposent par exemple d’aller dans telles régions parce qu’il y a une masse critique ou de combiner un type de résidu avec un autre parce qu’ils sont compatibles. Ça va nous permettre d’identifier les potentiels de valorisation que la filière pourrait décider de pousser plus loin », estime Catherine Brodeur. 

Selon l’agronome, la disposition des résidus de pommes de terre sans autre forme de valorisation pose un problème autant au niveau environnemental qu’économique. « Si on a investi du temps et des ressources pour produire un produit alimentaire, c’est normal qu’on veuille le valoriser au maximum. Ces ­résidus-là, est-ce qu’on peut leur donner une deuxième valeur plutôt que de les enfouir au champ ou les envoyer au dépotoir? Est-ce qu’on peut donner à ces résidus-là une fin de vie qui crée davantage de valeur, puis idéalement des revenus pour la filière? » conclut-elle.