Volailles 26 juin 2025

Des projets à la douzaine pour la famille Désilets

Un projet n’attend pas l’autre pour la famille Désilets, à la tête de la ferme avicole Désilco. Parmi les plus récents : des démarches sont réalisées pour prolonger la période de ponte des poules et un nouveau site a été acquis à Saint-Lucien, près de Drummondville, pour y construire des pondoirs. 

Claudia Désilets

« On devrait y faire des poulaillers de 60 000 poules [en volière] dans les prochaines années, à mesure que la croissance de la production va se poursuivre », affirme Jean-Philippe Désilets, vice-président de l’entreprise familiale, regroupée sous l’égide du Groupe Inovo. 

Si la production d’œufs est au cœur des activités du groupe, ce dernier est également propriétaire d’une meunerie, à Notre-Dame-du-Bon-Conseil, et de l’entreprise Acti-Sol, à Bedford. Celle-ci, fondée en 1995, est spécialisée dans la production d’engrais à base de fumier de poules. 

Jean-Philippe Désilets

Avec ses trois divisions complémentaires, « l’économie circulaire est pratiquée dans le groupe Inovo », se félicite Claudia Désilets, présidente de l’entreprise et sœur de Jean-Philippe. Elle préside également le conseil d’administration du Groupe Nutri, ce regroupement de producteurs propriétaires qui veille à la mise en marché des œufs.

Selon Jean-Philippe Désilets, le Groupe Inovo, dont la ferme Désilco est un des maillons importants, contribue à la production annuelle de 18 millions de douzaines d’œufs. Inovo est propriétaire de quatre fermes au Québec (à Drummondville et à Saint-Wenceslas) et copropriétaire d’installations, avec d’autres familles de producteurs, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba.   

Cap sur le prolongement de lots

Le prolongement de lots, c’est-à-dire l’augmentation de la durée d’utilisation d’un lot de poules pondeuses – qui est en moyenne de 12 mois –, est un projet important pour Jean-Philippe Désilets. 

En 2017, on a fait notre premier prolongement de lot, avec Désilco. On a fait 13 mois avec les poules en liberté. En 2025, notre prochain lot sera de 462 jours de production, soit environ 15 mois et deux semaines. On est capables de le faire avec l’ensemble de nos différents types de production. Pour le moment, c’est un succès partout. Mais il y a un équilibre à atteindre.

Jean-Philippe Désilets

Engagé au sein de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec à titre de deuxième vice-président, M. Désilets dit prôner cet aspect de la production qui, lentement mais sûrement, rallie un nombre croissant de producteurs. 

« La génétique des poules est prête à le faire, estime-t-il. Il reste à bien manager nos poulettes et à s’assurer d’avoir de bons programmes alimentaires et une bonne régie de bâtiment pour faire en sorte qu’on puisse continuer à faire des œufs de qualité jusqu’à 15 mois. »

Toute la chaîne (approvisionnement de poussins, abattoir, etc.) devra suivre, dit-il. Mais, en fin de compte, cela assurera notamment aux consommateurs le maintien d’un « prix raisonnable dans le temps ». L’industrie demeure ainsi plus compétitive, tout en veillant au bien-être animal, estime Claudia Désilets.  

Genèse 

La ferme Désilco a vu le jour en 1965, lorsque Robert Désilets, père de Claudia et Jean-Philippe, s’est lancé dans la production d’œufs avec 5 000 poules à Saint-Wenceslas, dans le Centre-du-Québec. Selon le duo qui a pris sa relève, le parcours de Robert Désilets, retraité, mais toujours intéressé par le développement des affaires, est marqué par une série d’investissements, un désir d’innovation et le respect de l’environnement.  

Claudia s’est jointe à l’entreprise familiale en 1995 et Jean-Philippe, en 2005. 

Les Désilets ont été parmi les premières familles de producteurs, dans les années 2000, à mettre en place la production d’œufs de spécialité oméga-3, selon Jean-Philippe.  

Les installations de Saint-Wenceslas ont été rénovées en 2017 pour y accueillir 43 000 poules avec un système d’élevage en volière, explique Jean-Philippe Désilets. Les derniers projets d’investissements ont été réalisés dans une perspective de développement durable. « On n’a plus de combustible fossile, sur certains sites, pour chauffer les poules, précise-t-il. On utilise la géothermie et l’électricité fait fonctionner la ventilation. »

Vraiment, un projet n’attend pas l’autre.