Exceldor a été fondée en 1995 à la suite de la fusion de la Société coopérative avicole régionale de Saint-Damase et de la Coopérative avicole régionale d’Etchemins, créées toutes les deux en 1945. Photos : Gracieuseté d’Exceldor
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S'abonner maintenantSi le Bureau de la concurrence du Canada approuve la transaction entérinée par les membres le 5 juin dernier, le destin aura voulu que la coopérative Exceldor passe aux mains d’intérêts privés l’année de son 80e anniversaire.
Le hasard faisant bien les choses, les deux coopératives qui ont donné naissance à Exceldor en 1995 ont vu le jour à quelques semaines d’intervalle en 1945. En mars de cette année-là, quelque 200 éleveurs de volailles du comté de Saint-Hyacinthe s’unissent pour fonder la Société coopérative avicole régionale de Saint-Damase.
Dans l’édition du quotidien Le Devoir du 23 mars 1945, il est mentionné que la nouvelle entité est née de la transformation du syndicat avicole local.
« Ce syndicat qui s’occupait seulement de la vente d’œufs a tenté l’automne dernier l’expérience de la volaille », mentionne-t-on dans le reportage avant de détailler le succès de l’initiative. « Le poste d’abattage a reçu 78 376 livres de volailles. Ces volailles ont été abattues du 10 octobre 1944 au 20 janvier 1945, à la moyenne de 87 sujets à l’heure. On évalue que les producteurs ont ainsi obtenu un surplus de 5 000 à 6 000 $. Ces chiffres sont éloquents au point qu’ils ont induit les membres à organiser un poste d’abattage muni de toutes les améliorations : locaux, machineries et frigorifiques. »
À un peu plus de 200 km de là, en juin 1945 à Saint-Anselme, dans la région de Chaudière-Appalaches, plus de 300 cultivateurs fondent la Coopérative avicole régionale d’Etchemins pour desservir les producteurs avicoles des comtés de Dorchester, Bellechasse, Lotbinière, Lévis et Beauce. « Trois cents aviculteurs ont souscrit un capital initial de 16 000 $ dans la nouvelle entreprise qui s’occupera de l’abattage et de la vente de volaille », peut-on lire dans l’édition du 14 juin 1945 de l’hebdomadaire L’Éclaireur, de Beauceville.
En septembre 1946, le nouvel abattoir basé à Saint-Anselme est inauguré en présence de plus de 2 000 personnes. « L’abattoir a une capacité de 2 500 poulets par jour et on peut y entreposer 125 000 livres de volailles congelées. En opération depuis deux mois à peine, on y a déjà abattu 50 000 oiseaux. De 20 à 25 personnes trouvent de l’emploi à cet établissement érigé au coût de 92 000 $ défrayé partiellement par des octrois généreux des gouvernements du Québec et d’Ottawa », relate-t-on dans L’Éclaireur du 22 septembre 1946.
Près de 50 ans plus tard
En décembre 1994, les deux coopératives annoncent en grande pompe leur union alors baptisée Groupe Dorchester/Saint-Damase, une nouvelle entité qui représente 30 % des poulets et 40 % des dindons abattus au Québec.

« Les deux groupes ont décidé d’unir leurs forces pour mieux faire face à la mondialisation des marchés, à la concurrence de plus en plus serrée des abattoirs ontariens et aux perspectives des nouveaux accords du GATT », peut-on lire dans La Terre de chez nous du 1er décembre 1994.
Au moment de la fusion, le nouveau regroupement a un volume d’affaires de 200 M$, compte 1 000 salariés et possède trois abattoirs (La Malbaie, Saint-Anselme et Saint-Damase). Le groupe distribue alors ses produits sous huit marques de commerce : Dorchester, Bonne Chère, Poulette Grise, Coquet, White Rock, Maître Coq, Quatre Étoiles et Exceldor. C’est d’ailleurs en 1996 que la coopérative adoptera le nom d’Exceldor pour l’ensemble de son groupe.
La marque adoptée par les Québécois se signalera par la suite comme une pionnière dans le refroidissement du poulet à l’air plutôt qu’à l’eau, une technique novatrice à l’époque importée des Pays-Bas, ainsi que la première à nourrir ses poulets aux grains.

Au moment où l’Ontarienne Aliments Sofina a déposé une offre à Exceldor pour acquérir ses actifs le printemps dernier, la coopérative affichait un chiffre d’affaires de 1,4 G$ et 3 700 employés. Outre ses produits vendus sous la marque Exceldor, le groupe est aussi derrière les dindons Butterball, les poulets et dindons Granny’s au Manitoba ainsi que Saha, la première marque de dindon halal au Canada.