Pommes de terre 26 mars 2025

Pommes de terre : de la machinerie toujours plus productive

De nouveaux équipements toujours plus rapides, automatisés ou connectés sont proposés chaque année aux producteurs de pommes de terre. Tour d’horizon de la machinerie qui fait son entrée sur le marché québécois en 2025.



Un remplissage rapide et délicat

La remplisseuse de caisses BoxFilr, conçue par le fabricant néerlandais VHM, permet une semi-automatisation précise, rapide et moins dommageable de la mise en boîte des pommes de terre en vue de leur entreposage. 

« Elle augmente notre efficacité et elle diminue notre besoin de main-d’œuvre dans la manipulation des boîtes », affirme Mathieu Ricard, président de la compagnie Riego, de Lavaltrie, dans Lanaudière. 

La machine est composée d’un réservoir en forme d’entonnoir double et muni de balances. Lorsque le poids désiré est atteint, les entonnoirs s’ouvrent pour laisser les pommes de terre s’échapper dans une caisse soutenue par un chariot élévateur. Son opérateur abaisse lentement les fourchons pour un remplissage égal et sans dommage pour les tubercules.  

L’avantage de cette remplisseuse est triple, avance M. Ricard : un calcul précis de tonnage en entrepôt, une optimisation du temps du chariot élévateur et une diminution des pertes.

« En diminuant la hauteur de chute, on réduit les risques des blessures aux pommes de terre. Le remplissage uniforme provoque aussi beaucoup moins de cônes dans les boîtes, que l’on voit surtout lorsqu’on remplit des boîtes de variétés plus longues. De cette façon, il y a peu de risque d’écrasement lorsqu’on empile les boîtes », fait valoir Mathieu Ricard. Cette remplisseuse fait partie de la série Modular M1 qui permet une chaîne complètement automatisée de mise en boîte. « On arrive avec une pile de boîtes vides, puis on repart avec des boîtes pleines superposées », dit M. Ricard.

Cet équipement, conçu pour être utilisé à l’extérieur, fonctionne avec un courant électrique triphasé de 600 V.

La remplisseuse de caisses BoxFilr de l’équipementier néerlandais VHM permet une semi-automatisation précise, rapide et moins dommageable de la mise en boîte des pommes de terre. Photo : Gracieuseté de Riego

Des rouleaux pour la grosse ouvrage

Les cultivateurs aux prises avec une terre argileuse qui colle aux pommes de terre peuvent se procurer le module de nettoyage Scotts Evolution, sur les trémies du fabricant Dewulf.

« C’est fait pour les conditions de travail les plus difficiles », s’exclame Éric De Courval, représentant de Del Mont Guay à Saint-Thomas, dans Lanaudière. « Ses rouleaux sont beaucoup plus efficaces pour débarrasser les tubercules de la terre humide ou collante. Ils défont aussi les mottes plus facilement. »

Le système Scotts Evolution est composé de 6 à 8 rouleaux segmentaires à lèvres, avec des parties dures et d’autres, plus souples. Derrière chaque rouleau segmentaire, un contre-rouleau de petit diamètre est positionné, soit en inox, soit en caoutchouc, tournant dans le sens opposé des rouleaux segmentaires. Ainsi, le flux (terre, mottes et produits) est freiné par ces contre-rouleaux, ­passant davantage de temps sur les lèvres des rouleaux qui viennent « manger » les mottes de terre ainsi que la fine terre.

« L’opérateur peut choisir des rouleaux à 4 ou à 6 nervures selon le niveau de nettoyage qu’il désire », précise M. De Courval. 

Chaque rouleau est indépendant et dispose de son propre variateur. Ainsi, dans des conditions extrêmes d’humidité, avec un ratio de 80 % de terre et seulement 20 % de pommes de terre, il est possible d’obtenir un produit final valorisable, affirme la compagnie.

Le système Scotts Evolution, en option sur les trémies Dewulf, permet de nettoyer les pommes de terre dans les conditions les plus difficiles. Photo : Gracieuseté de Del Mont Guay


Une meilleure répartition des semences

L’étape des semences ne sera peut-être plus pareille avec la nouvelle planteuse à courroies GB 430, développée par le manufacturier Grimm.

Contrairement aux équipements traditionnels du genre, cette planteuse de technologie allemande n’utilise pas de godets pour déposer les semences dans la terre. C’est plutôt par un système de courroies et de convoyeurs qu’elle ouvre un sillon avant d’y déposer une semence et de refermer la terre. 

Les avantages de ce procédé sont multiples, explique Edouard Roppe, représentant d’Équipement Capital de Saint-Ambroise, au Saguenay : moins de doublons, une régularité accrue et une plus grande rapidité d’opération. « Le système de courroies prend une semence à la fois, quelle que soit sa grosseur ou sa longueur, pour la déposer à intervalles réguliers. Cela élimine le risque de planter deux semences au même endroit, ou rien du tout si une semence tombe du godet d’une planteuse traditionnelle », fait-il valoir. 

L’uniformité de la plantation augmenterait le rendement du champ de 5 à 20 %. De plus, fort d’une vitesse maximale d’avancement de 10 km/h, ce modèle de planteuse permettrait de réduire le temps d’opération de 50 % à 80 %, avance son fabricant.

« Comme le temps d’opération est plus court, il est plus facile pour le producteur de choisir le moment le plus propice à la plantation », souligne M. Roppe. La planteuse GB 430, offerte cet été, permet de planter deux ou quatre rangs à la fois. Sa version américaine, qui sera commercialisée par Spudnik en 2026, permettra de couvrir jusqu’à huit rangs.

La planteuse GB 430, développée par le fabricant Grimm, utilise un système de courroies et de convoyeurs plutôt qu’une série de godets pour déposer les semences dans les sillons. Photo : Gracieuseté d’Équipement Capital


Une irrigation précise

L’avènement des ordinateurs de systèmes d’irrigation permet aux producteurs de calibrer leur équipement avec une précision inégalée. 

« L’irrigation reste la même. Ce qui change avec les années, c’est que les gens veulent plus de précision, plus d’automatisation et des moyens de faire des statistiques avec leur équipement », explique Danielle Harmois, directrice générale du fabricant Harnois Irrigation, à Saint-Thomas, dans Lanaudière. L’ajout d’un ordinateur à un système d’irrigation offre la possibilité de varier la vitesse d’application d’eau en fonction du type de sol et des besoins des différentes plantes. « La texture du sol peut varier dans un même champ. Avec un ordinateur, on peut fractionner le champ en parcelles et programmer la vitesse ou la quantité d’eau qu’on va appliquer pour chacun des espaces lors d’un même trajet et calibrer l’équipement pour obtenir encore plus de précision », précise Mme Harnois. « On est rendu là en agriculture : ce sont quasiment des soins intensifs pour les plantes. »

Les plus récents modèles d’ordinateur offrent l’option de sauvegarder toutes les données dans un service infonuagique. « De cette façon, il est possible de tenir des statistiques sur la quantité d’eau appliquée chaque semaine, chaque mois ou chaque année selon le programme d’irrigation. Ce sont souvent des chiffres dont les agronomes ont besoin », souligne Danielle Harnois.

L’ajout d’un ordinateur à un système d’irrigation offre la possibilité de varier la vitesse d’application d’eau en fonction du type de sol et des besoins des différentes plantes.  Photo : Gracieuseté d’Harnois Irrigation