Photomontage : Judith Boivin-Robert/TCN
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S'abonner maintenantLe lait de brebis se distingue d’autres productions comme celles du lait de vache ou du lait de chèvre. En voici un portrait axé sur ses forces et ses défis.
Concentration en Estrie et dans le Centre-du-Québec
En 2023, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) répertoriait une dizaine de transformateurs et une trentaine de producteurs de lait de brebis enregistrés dans la province. La majorité est installée dans les régions de l’Estrie et du Centre-du-Québec.
Deux principales races
Les principales races de brebis utilisées dans la province pour la production de lait sont la East Friesian et la Lacaune, « mais la plupart des animaux dans les fermes sont des croisements issus de ces deux races », spécifie Cathy Michaud, coordonnatrice du comité brebis laitière aux Éleveurs d’ovins du Québec. Une brebis laitière peut donner entre 400 et 500 litres de lait par saison, comparativement à 90 litres pour une brebis issue d’une race développée pour la production de viande.
Rendement d’une brebis laitière
Une brebis produit environ 2 litres de lait par jour, comparativement à 5 litres pour une chèvre et 40 litres pour une vache. Le lait de brebis permet en revanche un meilleur rendement de fromage que le lait de vache. « Avec 10 litres de lait de brebis, on peut produire environ 8 % plus de fromage qu’avec la même quantité de lait de vache, parce que le produit est plus riche en gras et en protéines, et qu’il contient moins d’eau », explique Matvei Sosnoski, de la Fromagerie Brebis de Bromont.
Volume total de lait produit
Environ 756 000 litres de lait de brebis ont été transformés en 2022, selon les données les plus récentes colligées par le MAPAQ. Le lait est principalement utilisé pour la transformation d’une quarantaine de fromages et d’autres produits, comme des yogourts.
Avantages du lait de brebis
Le lait de brebis est souvent utilisé comme substitut pour les personnes qui sont allergiques au lait de vache. Il a aussi l’avantage d’avoir un goût moins prononcé que le lait de chèvre, avec lequel il est souvent confondu par la population québécoise et canadienne, regrettent plusieurs producteurs.
La photopériode à la rescousse
Plusieurs producteurs ont une régie saisonnière de six à sept mois, soit le cycle de reproduction naturelle des brebis. Depuis quelques années, plusieurs ont toutefois commencé à utiliser la technique de photopériode (un contrôle de la lumière dans la bergerie) pour produire du lait à l’année afin de mieux vivre de leur production et d’approvisionner les fromageries plus régulièrement.
L’enjeu du transport
Le transport du lait reste un enjeu pour le développement du secteur, selon Lucille Giroux, pionnière dans la production de lait de brebis au Québec. Les producteurs doivent livrer eux-mêmes leur lait au transformateur de deux à trois fois par semaine et ne peuvent donc pas en être trop éloignés.