Ovins 7 février 2025

Une pionnière passe le flambeau

Lucille Giroux, fondatrice de la Fromagerie La Moutonnière, à Sainte-Hélène-de-Chester, dans le Centre-du-Québec, a été une pionnière dans la production et la transformation du lait de brebis au Québec. 

Tout a commencé un peu par hasard, dans les années 1990, après la lecture d’un article sur la production de lait de brebis.

J’avais un troupeau de moutons de boucherie depuis 1978, mais à l’époque, la viande ne se vendait pas aussi bien qu’aujourd’hui, et je n’avais jamais allumé que [le lait] de brebis, ça pouvait servir à faire du fromage.

Lucille Giroux, fondatrice de la Fromagerie La Moutonnière

Mme Giroux a alors démarré, en parallèle de son élevage existant, un petit élevage de brebis laitières, mais les races ovines disponibles au pays, à l’époque, était faites pour la viande, ce qui ne permettait pas de récolter de grandes quantités de lait, explique-t-elle. 

Des brebis venues de Suède

En 1995, elle a fait le pari fou d’importer 30 brebis de races laitières de Suède. « C’était un investissement pas possible, à 3 000 $ la tête, mais ça m’a emmenée où je suis aujourd’hui », affirme-t-elle avec humilité. 

 Arrivée à l’âge de la retraite, elle a décidé de passer le flambeau en transférant sa fromagerie à la relève de la Ferme D. Bouchard et Fils, qui fait partie des fournisseurs de lait de La Moutonnière depuis de nombreuses années.

À seulement 20 ans, Tommy Bouchard est l’un des plus jeunes fromagers travaillant avec le lait de brebis au Québec. Photo : Gracieuseté de Tommy Bouchard

Tommy Bouchard, l’un des deux fils des propriétaires de la ferme ovine de Saint-Ferdinand, a travaillé pendant un an avec Mme Giroux afin de reprendre en main la transformation du fromage. « Ça faisait longtemps qu’on produisait du lait de brebis à la ferme, mais c’était notre rêve d’avoir aussi une fromagerie », indique ce dernier en entrevue avec La Terre. À seulement 20 ans, il devient l’un des plus jeunes fromagers travaillant avec le lait de brebis au Québec, estime-t-il. 

Sa ferme a également le projet d’augmenter la taille de son troupeau laitier pour garantir un plus grand volume de lait à la fromagerie dont elle est nouvellement propriétaire. Quatre ou cinq autres producteurs figurent parmi leurs fournisseurs saisonniers. « Mais il nous en manque, car on pourrait en prendre davantage [de lait] », assure Tommy Bouchard.

La fromagère Lucille Giroux pendant la traite. Photo : Gracieuseté de Lucille Giroux