Étant peu dépensiers de nature, Luc et Vincent Chaumont étaient en bonne position financière pour investir. Les travaux d’agrandissement d’étable pour loger les 42 vaches en lactation en stabulation libre sont terminés depuis l’été dernier et le robot de traite vient d’être démarré. Photos : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantTERREBONNE – Si plusieurs petites fermes laitières songent à vendre, plutôt que d’investir pour se conformer aux nouvelles normes de bien-être animal, il y en a aussi qui y voient l’occasion d’améliorer leurs installations. La famille Chaumont, qui possède 55 kilos de quota à Terrebonne, dans Lanaudière, est en voie de conclure un projet de rénovation de 1,6 M$ pour robotiser l’étable et passer de la stabulation entravée à la stabulation libre.
C’est la première fois que ces agriculteurs économes investissent de la sorte dans l’entreprise. Et ils ne le regrettent pas, bien au contraire.
« Avant le projet, on n’avait pas de dettes. On n’avait jamais acheté de tracteur neuf. On a toujours été du genre à soumissionner à plusieurs endroits pour avoir le meilleur prix avant d’acheter. Donc, pour nous, financièrement, ça se passe bien. On pouvait se permettre un projet comme ça », affirme Vincent Chaumont, relève de la ferme familiale dont il est copropriétaire avec son père, Luc, et sa mère, Caroline Morin.
« Juste pour vous donner une idée, Luc a acheté son premier camion de ferme neuf, et il l’a gardé pendant 27 ans », d’ajouter cette dernière pour illustrer le côté peu dépensier de son conjoint. « Luc a toujours géré la ferme de près. Quand on fait des dépenses, il faut que ce soit justifié. »

Pas un luxe
L’amélioration des installations où sont logés les animaux, après toutes ces années sans rénovation majeure, n’est pas un luxe, estiment les agriculteurs. Ils envisageaient l’idée d’aller en stabulation libre depuis un bon moment déjà. L’annonce de l’entrée en vigueur de nouvelles normes de bien-être animal a accéléré la concrétisation de leur projet.
Les travaux d’agrandissement d’étable pour loger les 42 vaches en lactation sont terminés depuis l’été dernier et le robot de traite vient d’être démarré. Il ne restera qu’à rénover l’espace où seront logées les taures et les vaches taries, au printemps. « Le robot, c’est une qualité de vie. J’aime vraiment ça. C’est moins physique. Les vaches vont se faire traire d’elles-mêmes, donc l’horaire est plus flexible », fait remarquer Vincent Chaumont, pour qui demeurer en stabulation entravée toute sa carrière n’était pas une option.
Tant qu’à faire, on a décidé de faire le grand saut et d’aller complètement en lousse. Comme ça, si les normes viennent à se resserrer, encore plus, plus tard, ce sera fait.
Bien que la transition implique un temps d’adaptation pour les animaux et une légère baisse de productivité, au début, il se dit certain que ça se replacera rapidement, grâce au confort que procurent aux vaches les nouveaux aménagements.
Plus calmes
« Depuis le changement, on voit que les vaches sont plus calmes, plus confortables. Certaines peuvent aller se faire traire jusqu’à quatre fois par jour au lieu de deux quand elles étaient attachées », indique-t-il.
Si ses parents n’avaient pas l’habitude d’acheter du quota, l’homme de 27 ans entend, de son côté, adopter la stratégie d’en acquérir chaque mois et de croître pour améliorer son revenu et faciliter ses paiements.
« On achète du quota à cause du projet. Depuis un an et demi, on est passés de 48 kilos à 55 kilos », spécifie celui qui aimerait progressivement se rendre à 100 kilos de quota.