Le retour du froid durant la longue fin de semaine du congé des patriotes a affecté les ventes des producteurs horticoles. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-LIN–LAURENTIDES – Le vendredi 16 mai, il a été aussi difficile d’attraper Jérémie Bastien, copropriétaire de la Ferme Bastien, pour l’interroger sur le début de la saison horticole durant les vraies premières chaleurs du printemps que de trouver une place dans le stationnement de sa jardinerie de Saint-Lin–Laurentides, dans Lanaudière. Cinq jours plus tard cependant, le retour des températures froides avait ralenti considérablement la cadence.
« Je pense que j’ai fait deux livraisons chez les grossistes », a mentionné le pépiniériste, le 21 mai. « Tout le monde est plein. Personne [ne passe de commande]. Les ventes ne sont pas au rendez-vous. Il n’y a plus d’achalandage », s’est-il désolé.
Au moment d’écrire ces lignes, ses clients grossistes, qui représentent 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, avaient suspendu les commandes toute la semaine du 21 mai. M. Bastien envisage des pertes significatives si les commandes ne reprennent pas au 1er juin pour la vente en gros et au 15 juin pour la vente au détail. Pourtant, la saison avait bien commencé. Les passionnés étaient déjà passés s’approvisionner à la jardinerie et Jérémie Bastien commençait à ressentir l’effet sur ses ventes des belles chaleurs du printemps.
Dans le rang voisin, Sylvie Gauthier, des Serres Gauthier, est tout aussi découragée.
Quand il ne fait pas beau, puis il fait froid, ce n’est pas compliqué, ça ne se vend pas. Ça fait que je ne peux pas dire comment ça va se finir. Je ne le sais pas. Si tu appelles le monde cette semaine, ils sont tous sur la dépresse.

Elle mentionne que la saison a démarré comme à son habitude autour de la fête des Mères, mais que la pluie et le froid de la longue fin de semaine du congé des patriotes, qui perduraient au moment de l’entrevue, le 21 mai, ont affecté ses ventes en gros, comme au détail. Elle préférait ne pas faire de bilan hâtif, puisque « ça varie tout le temps ». Elle tirera des conclusions à la fin de la saison au début juin.
Un pépiniériste de la Montérégie dont 90 % du chiffre d’affaires permet d’approvisionner des professionnels de l’horticulture au Québec et dans les Maritimes, Pierre-Marc Paquette, affirme que les gens de l’industrie ont enregistré une baisse de leurs ventes de 30 % par rapport à la même période en 2024.
À Lac-à-la-Tortue, près de Shawinigan, en Mauricie, Dominique Laplante a vendu pour la première fois des plants de tomates avec une tuque sur la tête. « Le long congé, ça n’a vraiment pas été génial. Beaucoup en dessous de ce qu’on s’attendait. […] On a pogné des cinq degrés dans le jour », dit-elle.
Celle qui a acquis des parts dans l’entreprise familiale en 2021 mentionne que les ventes à la fête des Mères ont été équivalentes à celles de 2024 avant que le froid ne revienne. Même si la saison semble décalée de deux semaines, la productrice reste optimiste. Le téléphone sonne souvent et elle s’attend à voir les gens revenir dès que la température sera plus clémente.