Horticulture 23 mai 2025

Deux rushs en même temps

SAINT-LIN–LAURENTIDES – Si Jérémie Bastien, de la Ferme Bastien, avait peu de temps à accorder à La Terre, le 16 mai, c’est notamment parce qu’en plus de gérer le début de saison horticole, le producteur se dépêchait de semer du brocoli sur les terres familiales avant l’arrivée de la pluie. 

Chaque année, depuis qu’ils ont pris la relève, en 2020, sa conjointe, Natasha Kisiel, sa sœur, Élyse Bastien, et lui vivent ces deux périodes intenses en même temps, soit le début de la saison de jardinerie et les semis maraîchers. « Les deux en même temps, c’est difficile, mais on ne fait pas de primeurs alors je commence [la saison maraîchère] un peu plus tard. Je sais que ce n’est pas facile. La plage de temps n’est pas très grande pour entrer dans le champ », indique Jérémie. Sa sœur, Élyse, précise qu’ils se reposeront dans six semaines, lorsque l’engouement pour les fleurs sera passé. Les Bastien font « beaucoup d’heures », mais comptent aussi sur le soutien de la famille élargie, qui, même à l’âge de la retraite, met toujours la main à la pâte en cette période de l’année.

Nouveautés mauves

Cette année, les Bastien font plusieurs essais dans les champs, notamment de chou-fleur mauve ce printemps et de brocoli mauve cet automne. Ils avaient déjà tenté l’expérience par le passé, qui s’était avérée peu concluante, mais l’arrivée de nouvelles variétés les a convaincus d’essayer de nouveau. 

Ils renouvelleront aussi l’expérience des semis de courges dans un paillis de seigle, qui avait donné de bons résultats l’an dernier. Pour la première fois en vue d’Halloween, ils cultiveront des courges de décoration.

Une météo coup de pouce

Le pépiniériste Pierre-Marc Paquette remercie un peu dame Nature pour le printemps tardif. Le retard lié à la construction de ses nouvelles installations de Saint-Paul-d’Abbotsford, en Montérégie, lui aurait coûté son début de saison si cette dernière avait démarré tôt en avril. « C’est quasiment une bonne chose que le printemps soit arrivé tard parce qu’on n’était pas prêts », mentionne le propriétaire de la Pépinière Abbotsford. « On a été chanceux dans notre malchance. » Malgré la météo qui joue au yo-yo, le producteur estime toutefois être parvenu à faire ses chiffres grâce à deux excellentes semaines de ventes au mois de mai. Sur les conseils de son père « qui en a vu d’autres », M. Paquette estime que la saison n’est pas encore terminée et que les clients seront tout de même au rendez-vous en juin.