Didier Labarre explique avoir collaboré avec un chercheur du département de l'Agriculture des États-Unis, au New Jersey, pour qu’un protocole de détection hyper précis de la maladie de la fausse fleur, soit implémenté au Québec, dans le nouveau laboratoire moléculaire. Photo : Gracieuseté du CRIC
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S'abonner maintenantÀ même le centre de recherche et d’innovation qu’elle a créé en 2024, l’industrie de la canneberge s’est dotée d’un nouveau laboratoire moléculaire où des maladies dommageables pour les cultures pourront être identifiées presque instantanément, avec une précision qu’il était impossible d’atteindre, au Québec, auparavant. Cela permettra aux producteurs de contrôler la prolifération de telles maladies en amont, avec plus d’efficacité.
« Ce sont des outils dont on va se servir dans nos projets de recherche, mais aussi comme service aux producteurs qui pourront recevoir des diagnostics », explique le directeur général et scientifique du Centre de recherche et d’innovation de la canneberge (CRIC), Didier Labarre, dans une entrevue accordée en marge de l’inauguration du nouveau laboratoire, le 20 mai.
Les équipements, dont la première phase a nécessité des investissements d’environ 80 000 $, s’ajoutent aux installations de recherche du CRIC aménagées dans les bureaux de l’Association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ), à Notre-Dame-de-Lourdes, dans le Centre-du-Québec. Plusieurs partenaires ont contribué financièrement au projet avec le CRIC, dont l’APCQ et le Club environnemental et technique atocas Québec.

Une vieille maladie dévastatrice refait surface
Inquiets depuis qu’un cas de la maladie de la fausse fleur a été détecté au Québec, en 2024, après avoir fait des ravages importants dans les cultures de canneberges au sud de la frontière, les producteurs ont décidé de s’équiper pour faire le repérage quasi instantané d’autres cas potentiels, dès cet été, et ainsi éviter une propagation incontrôlable. La résurgence récente de cette maladie dévastatrice, qui a presque anéanti l’industrie de la canneberge aux États-Unis dans les années 1900, avant de disparaitre, est un enjeu qui a motivé l’ajout du laboratoire moléculaire. Les producteurs qui pensent avoir repéré la maladie dans un champ pourront y envoyer un échantillon à tester et obtenir un résultat dans l’heure qui suit.
« C’est inquiétant, parce que c’est en croissance fulgurante aux États-Unis et ça peut croître de façon vraiment exponentielle ici aussi, fait valoir Didier Labarre. C’est vraiment important d’être proactifs, et la seule façon de le faire, c’est de complètement arracher les plants infectés. Si on arrache le plant tout de suite, les pertes sont mineures, mais si ça se propage et que ce sont des champs complets qu’il faut arracher, ça devient vite hors de contrôle. »
M. Labarre explique avoir collaboré avec un chercheur du New Jersey pour qu’un protocole de détection hyper précis de la maladie, publié par le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), en 2025, puisse être implémenté dans ses installations au Québec. Le test permettra aussi de détecter la cicadelle d’atocas, au stade adulte et larvaire, qui en est le vecteur.
« Il existe d’autres approches pour l’analyser au Québec, mais qui sont beaucoup moins rapides, et dont la sensibilité est moins grande. On a déjà travaillé avec le laboratoire diagnostique du MAPAQ [ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec], sauf que ça ne permettait pas de détecter de faibles charges du phytoplasme [qui infecte les plants], notamment dans les larves des insectes », détaille Didier Labarre.
D’autres protocoles de détection seront aussi implémentés progressivement au sein du laboratoire, par exemple pour le diagnostic, la journée même ou la suivante, de champignons qui font pourrir les fruits. Éventuellement, il est aussi prévu que la pureté génétique des plants puisse aussi y être analysée.