Canneberge 22 mai 2026

Pour comprendre ce qui attire les tortues des bois dans les cannebergières

La tortue des bois est une espèce qui a connu un important déclin dans les dernières décennies au Québec et qui est aujourd’hui considérée comme une espèce vulnérable. Dans un objectif de trouver des pistes de solutions pour favoriser la conservation et la pérennité de cette espère, l’Association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ) s’est alliée au Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ).

Comme cette espèce de tortue se retrouve fréquemment chez les producteurs de canneberges, les deux organisations veulent effectuer des suivis télémétriques auprès des populations afin de comprendre ce qui les attire dans ce type d’environnement. L’objectif ultime serait de pouvoir reproduire le même genre d’habitat que celui qui prévaut dans les cannebergières, tout en comprenant quels endroits fréquentent les tortues, à quels moments de l’année elles y sont et, bien sûr, si les conditions sont reproductibles à d’autres endroits. C’est le défi que se sont donné les biologistes du CRECQ.

« Dans cette collaboration, nous voyons une opportunité d’acquérir de nouvelles connaissances sur l’utilisation faite de nos sites de production par la tortue des bois, ainsi que de rechercher des avenues possibles pour contribuer au rétablissement des populations de l’espèce », explique dans un communiqué Arnaud Choquette, directeur général de l’APCQ, qui regroupe, sur une base volontaire, 92 % des producteurs de canneberges du Québec, répartis dans six régions.

On souhaite que cela nous permette de cohabiter optimalement avec elle, comme nous l’avons déjà fait par le passé avec l’hirondelle de rivage, une autre espèce en péril présente sur le territoire des cannebergières, où l’aménagement est conçu pour leur être favorable.

Arnaud Choquette

Environ 90 % des producteurs de canneberges se trouvent dans le Centre-du-Québec, et c’est pourquoi le groupe est à la recherche de producteurs de la région qui souhaiteraient prendre part à l’étude. « Ce projet regroupe autant le milieu agricole qu’environnemental, sans oublier le municipal, et la recherche scientifique. C’est donc tout naturellement que nous avons sollicité l’APCQ, qui a une expertise reconnue depuis plus de 30 ans dans la recherche et le développement de la production de canneberges », souligne Andréanne Blais, directrice générale du CRECQ, qui invite les producteurs intéressés à contacter l’un ou l’autre des organismes.

Les deux organisations travailleront de concert pour la mise en place du projet avec le Centre de recherche et d’innovation sur la canneberge (CRIC), situé à Notre-Dame-de-Lourdes. « Notre souhait est d’augmenter et de diffuser les connaissances scientifiques acquises sur la culture de la canneberge, notamment sur le plan de la biodiversité, afin de toujours mieux conseiller les producteurs de ce petit fruit rouge, qui sont nombreux à souhaiter que leurs productions soient respectueuses de notre environnement », explique Didier Labarre, directeur scientifique du Centre de recherche et d’innovation sur la canneberge, qui s’est aussi récemment doté d’un nouveau laboratoire moléculaire pour identifier rapidement certaines maladies dommageables pour les cultures.

Selon une étude d’Environnement Canada datée de 2018, la population mature de tortue des bois était évaluée à 13 650 à 31 790 individus. Au Québec, leur nombre était estimé à 8 725 à 13 090. Elle est principalement reconnaissable grâce à ses anneaux de croissance concentriques, sur chaque écaille, qui ont une allure sculptée et pyramidale, de même qu’à son cou et ses pattes, qui sont de couleur orangée.