Syndicalisme 2 décembre 2025

Martin Caron déballe son épicerie en ouverture du Congrès de l’UPA

QUÉBEC – Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, estime que c’est un non-sens de retrouver autant de légumes importés sur les tablettes des épiceries ou de ne pas pouvoir manger de la viande hachée produite localement quand les producteurs d’ici « sont prêts à livrer la marchandise ».

Il est d’ailleurs monté sur la scène du 101e Congrès de son organisation, le 2 décembre, à Québec, avec un sac d’épicerie sous le bras. « Regardez ça », a-t-il lancé en sortant une barquette de bœuf haché frais du sac. « Il n’y a rien d’écrit sur l’étiquette. On ne sait pas d’où ça vient. » Il a poursuivi sa démonstration avec des conserves de légumes, dont du maïs de Thaïlande ainsi que des petits pois et des haricots verts provenant d’Égypte. « Pendant que ces produits arrivent sur nos tablettes, on coupe des contrats à Nortera pour la transformation ici », s’est-il désolé.


Des carottes de la Chine en plein dans le temps des récoltes, c’est un non-sens, c’est inacceptable, et ça, ça ne passe pas!

Martin Caron

En s’appuyant sur les résultats d’un sondage Léger réalisé en mars dernier, qui rapportait entre autres que 93 % des Québécois trouvent important de favoriser davantage l’achat de produits locaux, il a vivement critiqué des politiques gouvernementales qui vont à contresens de cela. « Nos citoyens nous demandent des produits du Canada et on laisse renter ça; on en retrouve à la pelletée! Faut se rappeler ce qui s’est passé dans le textile dans le temps. Maintenant, on conçoit les vêtements à l’extérieur. […] Est-ce qu’on veut qu’il arrive la même affaire avec l’alimentaire? Tantôt, je vous disais que j’avais moins de patience qu’avant. Êtes-vous tannés aussi? » a-t-il demandé à l’assemblée, qui a réagi par un vigoureux « oui » crié à l’unisson avant d’applaudir le président.

L’UPA réclame depuis plusieurs années un engagement plus important des gouvernements à cet égard, notamment par l’entremise de l’achat d’aliments locaux par le secteur institutionnel, où il n’y a actuellement « que 52 % qui proviennent des fournisseurs du Québec, et donc 48 % qui proviennent encore de l’extérieur », a mentionné M. Caron, qui aimerait que les deux paliers gouvernementaux en fassent plus.

Il a également montré du doigt l’enjeu de l’équivalence des normes, qui désavantage les produits québécois au niveau du prix par rapport à d’autres aliments importés, qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences, notamment environnementales. « Je suis tanné d’entendre dire : « Ha ben, faut pas que ça coûte cher. » Coudonc, est-ce qu’on est rendus qu’au Québec, on veut acheter des produits de basse gamme, alors que nous, on a des standards élevés pour nos productions? Moi, je pense que les gens sont prêts à payer le prix », a-t-il affirmé.

REA et autres sujets au menu

Il a enchaîné en mentionnant d’autres enjeux défendus par l’organisation qui seront au menu des trois jours de l’événement, dont le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), qui devrait faire l’objet d’une annonce de la part du ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, mercredi, ainsi que le nouveau régime de cotisation de l’UPA, qui franchira une nouvelle étape vers son application, prévue en 2027.