Politique 5 décembre 2025

Les chefs d’opposition questionnés sur les enjeux agricoles de l’heure 

Lors de leur passage au Congrès de l’UPA, le 3 décembre, les chefs d’opposition de trois partis politiques québécois ont exposé leur vision de l’agriculture. Ils ont par la suite répondu aux questions des producteurs agricoles sur plusieurs enjeux. Voici certaines de leurs réponses.

Pablo Rodriguez

Sur la question de la tarification carbone imposée au Québec, le chef du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez, a indiqué que son parti ne l’abolirait pas, mais retournerait aux producteurs ce qu’ils paient. Il a également signifié qu’il ne trouvait pas normal que l’appui au secteur agricole soit moins important ici que dans d’autres pays comparables. « Mais si je vous dis que je double le budget pour l’agriculture, ce serait de la bullshit. Je ne vous mentirai pas :  on ne peut pas passer d’un budget de 1 % à 2 %. Par contre, ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire », a-t-il nuancé, en mentionnant entre autres des solutions comme la réduction de la paperasse, l’adaptation des programmes aux réalités des régions ou encore l’idée d’avoir un sous-ministre consacré uniquement à la relève agricole, pour développer des mesures qui peuvent avoir un effet à long terme.

Ruba Ghazal

La co-porte-­parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, trouve que « ça n’a pas de bon sens » que les producteurs agricoles paient la taxe carbone sans revoir la couleur de leur argent. « C’est ni plus ni moins qu’un détournement de fonds », a-t-elle affirmé avant de spécifier qu’il ne fallait néanmoins pas jeter le bébé avec l’eau du bain. « Tout l’argent qui est payé par vous dans le Fonds vert devrait être repris, géré pour et par les agriculteurs pour aider par exemple à faire face aux changements climatiques », a-t-elle soutenu. Invitée à se prononcer sur la question du développement éolien, Mme Ghazal a souligné l’importance d’avoir une acceptabilité sociale pour chaque projet, en admettant être d’accord avec l’idée de tenir un bureau d’audience publique sur la question.

Ce n’est pas parce que l’éolien, c’est une énergie verte qu’il faut en mettre partout n’importe comment.

Ruba Ghazal

Paul St-Pierre Plamondon

Le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s’est engagé à retourner aux agriculteurs 100 % de l’argent versé à la bourse carbone à travers des programmes qui pourront améliorer la productivité, l’environnement et la solidité financière des entreprises. Il a également rappelé l’engagement de son parti d’éliminer les barrières fiscales à la cession des terres pour faciliter le transfert des fermes et réduire la bureaucratie. Questionné ensuite sur l’accès à l’eau, il a mentionné que cette ressource est déjà très convoitée autant ici qu’à l’étranger, et qu’il y aura bientôt des « tentatives de prédation » quant à son utilisation. « Donc, il va falloir la protéger. On a toujours la discussion de la nationaliser, c’est-à-dire d’en prendre le contrôle. Mais c’est sûr qu’il n’y a pas de privatisation au détriment de nos activités fondamentales comme l’agriculture », a-t-il assuré.