Météo 26 juin 2026

Submergés à répétition

De vastes parcelles de maïs-grain appartenant à la Ferme Nieuwenhof, à Dundee, en Montérégie, étaient encore submergées, le 23 juin, après le passage d’un gros orage, cinq jours plus tôt. Celui-ci a fait déborder une portion du fleuve, proche de ses terres, qui n’est pas nettoyé, puisqu’il se rend au lac Saint-François en passant par une réserve nationale de faune.

« Sur un kilomètre, c’est complètement bouché par des barrages, de castor, des sédiments, des branches, et ce n’est pas nettoyé, parce que [le gouvernement fédéral] dit que ça endommagerait la faune et la flore. Sauf que ça empêche l’eau de s’écouler et ça déborde sur nos terres », témoigne l’un des copropriétaires de la ferme laitière, Benjamin Nieuwenhof, affirmant que ses champs sont souvent inondés pour cette raison. Habituellement, toutefois, cela survient plutôt au printemps, lors de la fonte des neiges.

« Cette année, c’est vraiment extrême. On a 80 acres [32 hectares] de maïs qui sont inondés, et là-dessus, on va avoir au moins 50 acres [20 hectares] de complètement finis. C’est arrivé jeudi [le 18 juin] et il reste encore de l’eau dans les champs. On en a encore pour plusieurs jours à pomper pour les vider. Des parcelles sous l’eau pendant tout ce temps, ça ne reviendra pas », a déploré l’agriculteur, le 22 juin. 

Espérant que cet événement encourage les autorités à procéder à un nettoyage, il mentionne avoir sollicité sa municipalité pour qu’elle l’aide à mettre de la pression sur les députés locaux et à « faire bouger les choses ». La MRC du Haut-Saint-Laurent, qui s’occupe normalement de l’entretien, mais qui n’a pas l’autorisation de le faire dans la réserve nationale de faune, affirme avoir eu des discussions avec les autorités fédérales responsables, ces dernières années, pour pouvoir procéder. Selon le directeur du développement territorial, Alexandre Racicot, il serait cependant ardu de répondre à leurs exigences élevées, qui consisteraient par exemple à justifier la pertinence d’intervenir en démontrant que le nettoyage réglerait vraiment le problème d’inondation, et à mener des études d’impact sur l’environnement et la faune. « On est à l’étape de discussions », indique-t-il. De son côté, Environnement et Changement climatique Canada dit être bien au fait de la situation vécue par les agriculteurs concernés. Le ministère affirme mettre en œuvre « les mesures nécessaires » afin d’assurer une saine gestion des cours d’eau situés à l’intérieur de la réserve nationale de faune et collaborer étroitement avec les partenaires et intervenants locaux.