L’utilisation de l’urée enrobée fait partie des nouvelles solutions proposées aux producteurs. Photos : Archives/TCN
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S'abonner maintenantUne réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre causées par les engrais azotés n’est pas une cible utopique, croit Simon Baillargeon, de Sollio Agriculture, alors qu’Ottawa espère réduire, d’ici 2030, l’utilisation des engrais azotés de 30 % par rapport aux niveaux de 2020.
« C’est tout un enjeu. Aujourd’hui, on peut penser que c’est irréaliste. Cependant, sur un horizon de 10 à 15 ans, il est possible de croire que la recherche nous permettra d’utiliser moins d’azote pour produire du maïs. Nous pourrons ainsi atteindre les cibles que le gouvernement souhaite atteindre », affirme le vice-président du plus important distributeur de fertilisants dans l’est du pays.

Selon les études, l’application de ces engrais entraînerait la formation d’un puissant gaz à effet de serre (GES) appelé oxyde nitreux (N2O). Considéré 300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, ce GES contribuerait aux changements climatiques. Depuis 2005, l’utilisation des engrais azotés aurait augmenté de 93 % et les émissions de N2O liées à l’utilisation de cet engrais auraient augmenté de 94 %. L’intensité des émissions par hectare aurait un peu plus que doublé depuis 1981. La raison : le taux d’application d’engrais aurait augmenté sans grande expansion de la superficie agricole canadienne totale.
« Les émissions liées aux engrais sont la seule catégorie d’émissions agricoles du Canada dont on prévoit une augmentation importante jusqu’en 2030 si rien ne change », affirme Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) sur son site Internet.
Cette cible n’est pas une réduction obligatoire de l’utilisation des engrais, rappelle le ministère, qui dit préconiser plutôt des mesures volontaires de la part des producteurs pour réduire leurs émissions à long terme, sans limiter le rendement des cultures.
L’urée enrobée
L’utilisation de l’urée enrobée fait partie des nouvelles solutions proposées aux producteurs. Sollio Agriculture a inauguré, en 2023, en Ontario, une usine de production de ces fertilisants à libération contrôlée.
L’enrobage réduit la libération de l’azote au niveau de la plante, donc ça permet une utilisation plus rationnelle de la plante de ce type d’engrais. Ça peut faire en sorte aussi que ça diminue l’utilisation au total et [qu’on puisse] atteindre les cibles que le gouvernement souhaite atteindre.
« Mais il ne faut pas que ça soit au détriment des rendements. Ce sera toujours la priorité des producteurs », conclut-il.