Il y a, au Québec, environ 165 marchés publics auxquels les coupons nourriciers pourraient bénéficier. Photo : Martin Ménard / Archives TCN
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S'abonner maintenantLa saison des marchés publics démarre, et l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ) et le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) en profite pour jeter les bases d’un futur programme national de coupons nourriciers, utilisables dans les marchés. À l’instar de ce qui se fait dans d’autres provinces canadiennes, ces coupons bénéficieraient à la fois aux producteurs locaux et aux personnes vulnérables.
Chaque année, le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique finance le Programme de coupons nutritionnels des marchés fermiers à hauteur de 44,25 M$. Des ménages à faible revenu, des aînés et des femmes enceintes reçoivent ainsi 27 $ par semaine à dépenser dans les marchés publics de la province, et ce, pendant 16 semaines. Des initiatives similaires existent aussi au Manitoba et en Nouvelle-Écosse.
Si ces provinces servent de sources d’inspiration, l’idée de l’AMPQ et du CISA est de capitaliser sur des initiatives de sécurité alimentaire déjà réalisées dans certaines localités du Québec, comme à Duparquet, en Abitibi, où la Coop La Hutte avait obtenu des fonds du Centre de santé local pour distribuer de tels coupons, fait valoir le directeur général de l’AMPQ, Jean-Nick Trudel.
« C’est une promesse entre le développement bioalimentaire et le développement social et communautaire. Ça fait 13 ans que le ministère de la Santé [en Colombie-Britannique] fait ça, et ce serait vraiment bon de l’adresser aux fermes d’ici. On va chercher à se mailler avec des initiatives qui existent au Québec qui peuvent être adaptées », explique celui qui a procédé au lancement officiel de la saison des marchés publics, le 22 mai, à Bécancour, en compagnie du ministre de l’Agriculture, Donald Martel, et du président de l’Union des producteurs agricoles, Martin Caron.
Il y aura beaucoup de concertation à faire, mais j’ai cette ambition, avec d’autres partenaires, de pouvoir amener ça au Québec.
Déploiement à plus grande échelle
On se réjouit d’ailleurs de l’octroi de 900 000 $ du ministère de l’Emploi, de l’Innovation et de l’Énergie pour déployer et évaluer le projet en Abitibi-Témiscamingue et dans l’Outaouais, d’ici 2029. Ces deux régions pourront bénéficier des apprentissages réalisés dans le Bas-Saint-Laurent et dans la MRC de Portneuf, où des projets pilotes ont été réalisés ces dernières années, notamment l’importance de collaborer avec des acteurs locaux tant en santé publique qu’en agriculture et en développement social.

La chercheure principale au CISA, Stéphanie Lessard, note que les deux régions nouvellement ciblées font déjà l’objet de démarches visant à renforcer l’achat en circuits courts, par exemple via les monnaies locales de la Petite-Nation et du marché public d’Amos. Selon elle, un autre facteur de réussite est que les producteurs puissent aussi y trouver leur compte.
« Ça permet d’aller chercher une nouvelle clientèle, de l’achalandage, et ça amène plus de sous dans les poches du producteur, particulièrement pour les producteurs de légumes, de fruits et de viande, qui sont les produits les plus vendus », soutient-elle, ajoutant que les personnes peuvent aussi apprendre, auprès des fermiers, à cuisiner ces produits frais qu’ils ne retrouvent pas nécessairement dans les paniers de la banque alimentaire.
Selon elle, il s’agit aussi d’un facteur d’intégration, comme en témoignent les propos recueillis auprès de personnes immigrantes ayant participé au projet dans le Bas-Saint-Laurent. « Ce qu’ils nous ont dit, c’est qu’ils ont pu développer un sentiment de communauté, qu’ils ont pu commencer à se sentir bien au Québec par le marché public », relate-t-elle.
Il y a, au Québec, environ 165 marchés publics auxquels les coupons nourriciers pourraient bénéficier. « On va tout faire pour y arriver! » laisse tomber Stéphanie Lessard.