Les coupons nourriciers pourront être échangés dans trois marchés publics et aux kiosques à la ferme de certains producteurs. Photo : CISA
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S'abonner maintenantDonner des produits alimentaires locaux aux familles vulnérables et encourager davantage les agriculteurs locaux : voilà les deux objectifs d’un premier projet pilote qui se mettra en branle dans la MRC de Portneuf à compter de la fin juin.
Il s’agit d’un programme de coupons nourriciers, soit des bons d’achat remis à une centaine de famille en situation de vulnérabilité, qui pourront les échanger dans trois marchés publics et aux kiosques à la ferme de certains producteurs. Les coupons sont payés par Centraide et distribués par des organismes communautaires qui connaissent les familles dans le besoin.
Les ménages d’une à deux personnes recevront 30 $ de coupons par semaine pendant 12 semaines, tandis que ceux de trois personnes ou plus recevront 60 $ de coupons pour la même période, explique Christine Gingras, coordonnatrice de projets au Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA). « Ce qu’on veut, c’est amener une récurrence pour que les gens apprennent à s’approvisionner en aliments locaux et pour qu’ils développent un contact avec les producteurs afin que ceux-ci parlent de leurs légumes, de leurs produits, ce qui permettra de connecter la famille vulnérable avec son terroir. C’est un programme très fort en termes d’impact social pour les familles en situation de vulnérabilité et cela permet aux producteurs d’avoir une autre clientèle », explique Mme Gingras.

Elle ajoute que les familles dans le besoin qui ont recours aux banques alimentaires ont rarement accès aux légumes frais de haute qualité, tandis qu’avec les coupons nourriciers, c’est l’inverse, puisque les producteurs apportent au marché public ce qu’ils ont de plus beau et de plus frais. « On est loin de la banque alimentaire! » dit-elle.
Le grand public aussi
Afin d’éviter que les familles vulnérables qui auront été choisies ne soient montrées du doigt en sortant leurs coupons, Mme Gingras précise que le grand public pourra acheter un nombre limité de ces coupons sur la plateforme de sociofinancement La Ruche. « Tu payes 20 $ et tu reçois 30 $ de coupons », indique-t-elle. C’est la contribution apportée par le Fonds d’aide au développement du milieu de Desjardins qui assumera la différence entre le 20 $ payé et le 30 $ reçu en coupons. Cet incitatif donnera l’occasion au public de découvrir l’éventail des marchés publics régionaux, espèrent les instigateurs.
300 000 $ pour la recherche
Si ce concept de coupons sera dupliqué à court terme dans le Bas-Saint-Laurent, Christine Gingras rappelle qu’il s’agit avant tout d’un projet de recherche, lequel jouit d’un budget de 300 000 $. « Ça fait deux ans qu’on est sur ce projet de recherche. L’Association des marchés publics du Québec veut développer un projet de coupons nourriciers pour tout le Québec. Pour le projet pilote, on suit la démarche, on regarde quels sont les freins. Est-ce que les gens utilisent les coupons? Est-ce que nous poursuivrons avec le coupon papier ou non? » énumère-t-elle.
De surcroît, elle signifie que le projet comprendra aussi un volet de recherche de financement récurrent permettant d’offrir ce type de coupons chaque année.