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Kilianne Beaulieu offre des services de vaccination à forfait dans le secteur porcin depuis deux ans. Photo : Elzé Photographie

Kilianne Beaulieu offre des services de vaccination à forfait dans le secteur porcin depuis deux ans. Photo : Elzé Photographie

Forte demande pour les services porcins à forfait

Kilianne Beaulieu ne s’attendait pas à crouler sous les appels après avoir lancé, il y a deux ans, une entreprise offrant des services à forfait dans le secteur porcin, principalement dans le Centre-du-Québec, en Montérégie et en Estrie.

La vaccination des porcelets est une tâche qui revient de manière cyclique dans les élevages et qui, selon certains producteurs, peut être éreintante puisqu’elle impose de travailler accroupi. Photo : Elzé Photographie

La vaccination des porcelets est une tâche qui revient de manière cyclique dans les élevages et qui, selon certains producteurs, peut être éreintante puisqu’elle impose de travailler accroupi. Photo : Elzé Photographie

La jeune entrepreneure a en effet rapidement constaté que les producteurs porcins étaient nombreux à vouloir recourir à ses services. Elle a même dû retirer de sa carte de visite plusieurs tâches comme le marquage pour se concentrer uniquement sur la vaccination. « Malgré tout, je travaille sept jours sur sept. Même les deux autres personnes que je connais qui offraient des services du même genre me réfèrent des clients. Résultat : je cherche un employé pour m’épauler », raconte la jeune entrepreneure, qui ne s’attendait pas à un tel succès.

La vaccination des porcelets et des porcs à l’engraissement est une tâche qui revient de manière cyclique dans les élevages et qui peut être exigeante physiquement, notamment parce qu’elle impose de travailler accroupi, résume le producteur Jimmy Côté, propriétaire d’une pouponnière et de deux engraissements à Saint-Zéphirin-de-Courval, dans le Centre-du-Québec.

Il fait d’ailleurs appel aux services de Kilianne Beaulieu depuis deux ans pour cette tâche et s’il avait pu le faire avant, il l’aurait fait volontiers, confie-t-il. « Ce genre de service est assez rare [dans le secteur porcin]. Disons que ça donne un bon répit, surtout dans les périodes plus occupées au printemps et à l’automne, mentionne celui qui cultive également 160 hectares de grains biologiques. Je le faisais sans problème [la vaccination] quand j’étais plus jeune, mais en vieillissant, j’ai plus mal au dos », spécifie-t-il.

Des projets pour étendre les services au Québec

Même s’il y a maintenant assez de travail pour deux à sa ferme, Jessika Huot a continué de faire des trains à forfait pour donner un peu de répit à des producteurs de son secteur. Photo : Gracieuseté de Jessika Huot

Même s’il y a maintenant assez de travail pour deux à sa ferme, Jessika Huot a continué de faire des trains à forfait pour donner un peu de répit à des producteurs de son secteur. Photo : Gracieuseté de Jessika Huot

Depuis 2018, Jessika Huot offre quant à elle un service de trains à forfait pour le secteur porcin dans la région Montérégie-Est, où elle exploite en parallèle une ferme porcine avec son conjoint. « J’ai commencé à offrir ces services au démarrage de notre ferme, parce qu’il n’y avait pas encore assez de travail pour deux. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais j’ai continué à faire des trains à forfait pour donner un peu de répit à des producteurs de mon secteur, quand ils partent en vacances, par exemple », explique la productrice.

Celle-ci révèle d’ailleurs avoir été approchée dernièrement par un organisme d’aide psychologique de la région qui, constatant les besoins du secteur, lui suggérait de monter un projet pour offrir ce genre de services à forfait à travers la province. Or, avec ses responsabilités grandissantes à la ferme familiale, Mme Huot a refusé l’offre. « Je trouvais l’idée bonne, mais le manque de temps et les difficultés de recrutement de main-d’œuvre m’ont freinée, surtout s’il faut couvrir tout le Québec », souligne-t-elle.

De son côté, Kilianne Beaulieu, qui ne pouvait répondre à toutes les demandes de producteurs, a également cogné à la porte de La Halte, une coopérative de remplacement de main-d’œuvre dans le secteur laitier, pour leur suggérer d’élargir leurs services au secteur porcin. Caroline Grégoire, directrice générale de la coopérative, confirme que des discussions en ce sens ont eu lieu cet été. « Ce n’est toutefois pas notre intention de desservir un autre secteur d’activités pour l’instant, indique-t-elle. Nos employés sont spécialisés dans la production laitière et la difficulté de recrutement fait en sorte qu’ils sont déjà tous très occupés. De plus, nous sommes situés dans le Centre-du-Québec, alors que les fermes porcines sont plutôt concentrées dans Chaudière-Appalaches », fait-elle remarquer. 

Une coopérative?

Elle mentionne par ailleurs que si le milieu de la production porcine se mobilise, différentes solutions sont quand même possibles, comme la création d’une coopérative comme la Halte. Une démarche que les Éleveurs de porcs du Québec se disent prêts à faire si les besoins persistent. « C’est certain que ça fera partie de nos dossiers pour la prochaine année », a commenté Tristan Deslauriers, directeur des relations publiques pour l’organisation.

Selon lui, les demandes grandissantes pour des services à forfait semblent être plus nombreuses depuis environ un an et pourraient en partie s’expliquer par le nombre historique de porcs en attente qui a marqué le secteur au début de l’année 2022.