Actualités 4 juillet 2025

Des parents inquiets pour la sécurité de leurs enfants à la ferme

Inconscients du danger qui les entoure à la ferme, les enfants atteints de déficience intellectuelle nécessitent une surveillance constante, ce qui engendre de l’inquiétude chez leurs parents. 

À Henryville, en Montérégie, Ana Maria Martin estime que la ferme peut être le milieu le plus dangereux pour son fils de 21 ans. L’âge mental de 18 mois d’Antoine, atteint de déficience intellectuelle occasionnée par une maladie qui touche 500 personnes dans le monde, a poussé ses parents à lui fabriquer une cour ­clôturée à l’extérieur. « J’ai mis une cour clôturée de six pieds de haut pour m’assurer de sa sécurité quand il sort dehors parce que ça prend une surveillance un pour un, raconte-t-elle. Sinon, il part, et moi, je cours comme une folle en arrière pour ne pas qu’il aille partout. Il ne suit pas les consignes. C’est plus complexe que ç’a en a l’air. » 

Comme un bambin de 18 mois, son fils regarde tout, cherche tout et touche à tout. Conséquemment, la famille doit embaucher une gardienne pour l’aider dans son quotidien. Mais le taux de roulement pour ce type d’emploi est élevé, indique la mère, qui en a vu défiler une quarantaine depuis les 21 dernières années. « Et ce sera comme ça toute sa vie », dit-elle. 

En raison de sa déficience intellectuelle, Aurélie peut avoir un comportement imprévisible dangereux pour sa sécurité à la ferme. Photo : Gracieuseté d’Amélie Lecomte

La fille d’Amélie Lecomte, une productrice de grandes cultures et d’ail de La Présentation, en Montérégie, a l’âge mental d’une enfant de deux ans. L’impulsivité de cette jeune fille de 8 ans atteinte de trisomie 21 inquiète sa mère. « Le garage de mon conjoint est de l’autre côté de la route par rapport à la maison, puis elle aime beaucoup papa, alors si elle le voit qui est au garage par la fenêtre, ça peut lui arriver qu’il lui passe par la tête d’aller le rejoindre. Mais il y a la route et elle ne fera pas attention de traverser sécuritairement. Elle ne regarde pas des deux bords », explique-t-elle. 

De plus, Aurélie craint les poules, ce qui occasionne un stress pour sa mère lorsque celle-ci doit ramasser les œufs de leur petit élevage en sa présence. « Elle n’entrera pas dans les enclos, et pendant que je suis en train de ramasser les œufs, j’ai toujours peur qu’elle reprenne le chemin vers la maison et qu’elle s’en aille parce qu’elle ne veut pas voir les poules », dit la productrice.


Maxime, le fils de Karine Genest.

Un environnement sensoriel idéal


Malgré ses 14 ans, Maxime est toujours accompagné de son père ou de son grand frère lorsqu’il s’approche des vaches à l’étable. Atteint d’un trouble du spectre de l’autisme sévère, le jeune non verbal n’est pas toujours conscient du danger à la ferme. Toutefois, sa mère, Karine Genest, estime que la ferme laitière de son ex-conjoint, à Albanel, au Lac-Saint-Jean, a offert un environnement sensoriel idéal pour son fils durant son enfance. « Les autistes, d’un point de vue sensoriel, ils ont plus d’exploration à faire que les autres en général. À la ferme, il lançait de la poussière, de la paille et pour lui, c’était extraordinaire. En quatre-roues, de voir les outardes [s’envoler], c’est un effet visuel incroyable. Il riait aux éclats, mentionne la mère. La ferme offre un bel univers pour explorer le monde. » D’ailleurs, en raison de la répétition des tâches quotidiennes à la ferme, elle pense que son fils pourrait y faire un excellent employé plus tard.