Lait 3 juillet 2025

Une solidarité post-incendie qui touche profondément Ana Maria Martin et sa famille

Ana Maria Martin et sa famille ont été victimes d’un incendie, le 29 juin, qui a anéanti le troupeau de leur ferme laitière, située à Henryville, en Montérégie.

Le feu a pris naissance en plein jour, vers 13 h 40, et les flammes ont gagné de l’ampleur avec une rapidité et une violence inouïe, détaille Mme Martin, qui, deux jours plus tard, avait peine à relater la situation tellement les émotions étaient vives.

Si elle a accepté de se confier publiquement à La Terre, c’est principalement pour remercier les gens qui l’aident. « Tout l’amour et le soutien qu’on reçoit, la vibe de solidarité depuis que c’est arrivé, c’est vraiment incroyable. C’est disproportionnel pour deux personnes. Quand il se passe de quoi de grave, c’est phénoménal comment les producteurs peuvent se rassembler et s’aider. Je ne pense pas que ça existe tant que ça ailleurs qu’en agriculture. Si j’ai un message à dire, c’est qu’on les remercie », exprime-t-elle.

Des agriculteurs ont laissé leur ouvrage pour venir les aider à ramasser des débris à la main, d’autres sont venus avec leur pelle mécanique et certains ont apporté de la nourriture. « Tout ça, sans qu’on ait demandé quoi que ce soit! » souligne celle qui est copropriétaire avec son conjoint, Michel Lord, de la Ferme Lorami.

Michel Lord et Ana Maria Martin étaient fiers de l’évolution de leur ferme.

Cause inexpliquée

Cinq vaches en lactation et sept taures comptent pour seules survivantes sur plus d’une centaine d’animaux. Les flammes ont empêché les propriétaires de porter secours à leurs chères bêtes. Personne ne connaît la cause du brasier pour l’instant, indique Mme Martin.

Des gens nous ont dit qu’au moins, personne n’a été blessé et que l’étable, c’était seulement du matériel. Ils ont dit ça sans mauvaise intention, mais ce n’est pas juste du matériel. Ce sont des animaux qu’on a fait naître, dont on a pris soin. C’est une vie complète qui est partie en fumée.

Ana Maria Martin

En guise de baume pour l’âme, Ana Maria Martin mentionne l’esprit positif des membres de sa famille. « Ça n’a pas fleuri dans l’esprit de personne qu’on fermerait ou passerait à autre chose. Les gars sont tous en mode  »on ramasse et on reconstruit ». Ils sont exceptionnels. Ils ont une force, c’est fou. Je les regarde, et je suis choyée et fière d’eux, d’avoir une relève aussi engagée. »

La ferme est une perte totale. Photo : Ferme Lorami

Un couple en mission

En janvier 2016, La Terre a consacré un article à Ana Maria Martin et Michel Lord pour une raison un peu loufoque, qui cachait toutefois une belle histoire. L’agricultrice arborait une manucure qui attirait l’attention avec un vernis rouge estampé du lettrage de la marque du robot de traite Lely, un concept symbolisant alors une grande victoire pour le couple.

« Quand nous avons pris la ferme, nous étions très endettés et les vaches donnaient en moyenne 23 kg/jour de lait. Pour être rentables, nous devions vraiment mettre tous les efforts inimaginables afin d’accroître les performances. Quand on a atteint 38 kg/jour, j’ai dit à mon chum :  “Si on se rend à 40, tu me payes une manucure aux couleurs du robot de traite.” Et voilà, nous avons réussi! » expliquait fièrement Mme Martin. 

Le couple a dû travailler d’arrache-pied afin de rendre la ferme le plus rentable possible. L’étable a été reconstruite avec des logettes plus grandes misant sur une litière de sable et une meilleure ventilation afin d’accroître le confort des vaches, et donc la production. L’éclairage a également été amélioré, sans oublier le système d’eau, qui misait sur un plus grand débit et un système de filtration. « On avait réussi, mais l’incendie a tout détruit ça », se désole l’agricultrice.