Alimentation 27 février 2024

Quatre hubs qui montrent la voie

La MRC de Roussillon

La MRC de Roussillon est en voie de s’allier à trois autres MRC de Montérégie-Ouest. Photo : Gracieuseté de la MRC de Roussillon

La MRC de Roussillon a mené, en 2023, un projet pilote de mise en marché offrant des produits maraîchers à neuf organisations de la région, dont des écoles primaires, des restaurants, des traiteurs, des hôtels et des supermarchés. 

Dans les prochaines années, en plus d’augmenter le nombre de fermes et de clients participants, elle souhaite se doter d’un édifice qui pourra accueillir un espace d’entreposage réfrigéré, des locaux de travail pour les entreprises en démarrage et une cuisine de transformation. La MRC est aussi en contact avec des organismes œuvrant en sécurité alimentaire qui pourront y transformer des aliments et vendre les plats à prix sociaux. Les plans de l’édifice sont déjà prêts et l’ouverture est souhaitée pour 2025.  

La MRC est d’ailleurs en voie de s’allier à trois autres MRC de Montérégie-Ouest, soit les Jardins-de-Napierville, Beauharnois-Salaberry et Vaudreuil-Soulanges, afin d’unir leurs efforts.


Hub alimentaire Vaudreuil-Soulanges 

Le Hub Vaudreuil-Soulanges, en Montérégie, a mené des tests en 2023 et compte conclure des ententes d’achat avec différentes organisations de la région. Photo : Gracieuseté du Hub Vaudreuil-Soulanges

La MRC Vaudreuil-Soulanges, en Montérégie, est dotée depuis plusieurs années d’une infrastructure Web avec son Marché écolocal, où les consommateurs peuvent acheter des produits locaux. Le Hub alimentaire Vaudreuil-Soulanges, lui, compte rejoindre le marché commercial et institutionnel en mutualisant la main-d’œuvre, la distribution et la mise en marché. Des tests de vente au gros ont été menés en 2023 avec la trentaine de fermes que regroupe déjà le site destiné aux consommateurs. 

Angélique Leroux Bourdon

Le Hub alimentaire, qui a déjà accès à un camion de livraison, est activement à la recherche d’un édifice pour y accueillir de l’entreposage, notamment réfrigéré, une cuisine de transformation, de même qu’une boutique pour les consommateurs. En 2024, il compte recruter une dizaine de nouveaux clients organisationnels. « On est en train d’aller chercher des engagements d’achats formels de leur part pour assurer à nos agriculteurs que leur production sera écoulée », explique Angélique Leroux Bourdon, représentante des ventes du Hub Vaudreuil-Soulanges.


L’aube, pôle nourricier

Louis Lafortune est le directeur de L’aube, pôle nourricier, dans l’ouest de l’île de Montréal. Photo : Gracieuseté de L’aube, pôle nourricier

Située dans l’ouest de l’île de Montréal et regroupant huit fermes biologiques, L’aube, pôle nourricier entame sa troisième année d’activité. Les agriculteurs utilisent la plateforme Web Arrivage pour annoncer leur production à vendre, puis livrent à un seul point de chute leurs produits destinés à différentes organisations. Un camion fait ensuite les livraisons aux acheteurs, dont des CPE, des centres hospitaliers et des universités. Il y a, au total, 13 clients réguliers. 

L’aube a commencé à recruter des fermes jusqu’en Outaouais et en Estrie. « On va jusqu’à 150 kilomètres à la ronde », dit le directeur, Louis Lafortune. 

Pour l’instant, le hub se finance grâce à des subventions ponctuelles qui s’achèveront en 2024 ainsi qu’un petit prélèvement sur les ventes. Il vise à élargir son nombre de clients et souhaite également se doter d’un édifice d’entreposage, auquel pourrait se greffer un espace de première transformation.


Pôle d’économie circulaire de Victoriaville

L’équipe de glaneurs dont la récolte sera transformée dans la cuisine commune. Photo : Gracieuseté du Pôle d’économie circulaire de Victoriaville

Dans la MRC d’Arthabaska, dans le Centre-du-Québec, différentes forces se sont alliées pour créer un hub, le Pôle d’économie circulaire de Victoriaville. « J’avais un local avec une cuisine, d’autres avaient la main-d’œuvre et d’autres, les aliments. On a décidé de se mutualiser par rapport à différents besoins », mentionne Isabelle Mercier, cofondatrice et directrice générale, en faisant allusion à un organisme sans but lucratif embauchant des employés handicapés, à l’entreprise de transformation Les boissons Sève, à un organisme spécialisé dans le glanage d’aliments, ainsi qu’à l’agriculteur Jonathan Daigle, de la Ferme des possibles, à Saint-Valère.

Isabelle Mercier

Les produits cuisinés seront vendus à des organisations privées et publiques. « On est le lien entre les agriculteurs et les organisations, qui ont besoin de transformation, explique Mme Mercier. On leur sert de tremplin vers les institutions, qui, elles, peuvent acheter des produits locaux à prix raisonnable. » Créé en novembre 2023, ce pôle d’économie circulaire songe, pour se financer, à proposer ses services de transformation en sous-traitance et à vendre des produits au grand public tant à prix sociaux qu’aux prix du marché. On compte également fournir les banques alimentaires. L’organisme veut recruter d’autres agriculteurs de la région pour bénéficier d’un plus grand volume. La mutualisation de la livraison est également dans sa ligne de mire.