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Crédit photo : Guillaume Roy

Crédit photo : Guillaume Roy

Le grand potentiel touristique des champignons sauvages

MAURICIE — L’exploitation des produits forestiers non ligneux, et particulièrement des champignons sauvages, connaîtra une véritable effervescence au Québec au cours des prochaines années. Cette prédiction provient des promoteurs de la filière dédiée à leur cueillette, des guides mycologues, des entrepreneurs et des propriétaires forestiers eux-mêmes. Certains d’entre eux sont récemment allés voir de près le modèle espagnol pour faire progresser ici le mycotourisme, c’est-à-dire les activités récréatives reliées aux champignons sauvages.

Depuis une dizaine d’années, nombreuses sont les initiatives qui ont donné la possibilité de mesurer tout le potentiel offert par la cueillette des champignons sauvages en forêt et de jeter les bases d’une organisation permettant de l’exploiter. 

Certaines régions sont déjà passées à la vitesse supérieure. C’est le cas par exemple dans le Kamouraska qui tiendra la 5e édition du Festival des champignons forestiers cette année, et aussi en Mauricie, où l’on prépare le 3e Rendez-vous de la gastronomie forestière dans plusieurs restaurants du territoire. À ces initiatives s’ajoutent les travaux de recherche menés dans ces régions pour tirer le meilleur parti de l’exploitation des champignons sauvages.

« Les propriétaires forestiers ont un rôle important à jouer dans le développement du secteur », indique Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie, un organisme créé par le Syndicat des producteurs de bois de la Mauricie dans la foulée de la crise forestière de 2008-2009. 

La Filière coordonne les différents secteurs d’activités interpellés par l’exploitation des champignons forestiers dans des domaines aussi variés que l’aménagement de la forêt, le tourisme et la gastronomie.

Des retombées

D’après la Filière, les activités reliées aux champignons sauvages génèrent annuellement des retombées de 1 M$ dans la région et ont créé une quarantaine d’emplois. Et l’organisme a toujours, sur sa table de travail, un projet d’usine de conditionnement des champignons capable de traiter jusqu’à 200 000 kg par an. Encore faut-il que l’approvisionnement soit suffisant.

Au Bas-Saint-Laurent, on doit relever le même défi d’assurer un approvisionnement constant, explique Pascale G. Malenfant, professionnelle de recherche chez Biopterre, le centre de transfert de technologie du Cegep de La Pocatière qui se consacre au développement de bioproduits avec un intérêt marqué pour les champignons forestiers.

Depuis plusieurs années, les chercheurs de Biopterre mènent d’importants travaux en collaboration avec des entreprises et des producteurs de la région du Kamouraska, notamment sur la culture de champignons sous couvert forestier, dont les résultats pourraient être profitables aux propriétaires désireux d’exploiter cette ressource. L’organisation est activement impliquée dans le développement de toute la filière dans la région.

C’est aussi dans toutes les régions que des réseaux de cueilleurs professionnels se mettent en place, que de petites entreprises s’investissent dans la transformation, que des forêts sont aménagées et que des ateliers de formation sont offerts au public. Pourtant, l’offre demeure insuffisante, souligne Mme Malenfant.

Le message est donc lancé aux propriétaires forestiers qui souhaiteraient structurer leur domaine pour exploiter les champignons sauvages et même en faire des activités récréatives. C’est l’économie de toutes les communautés rurales qui en serait bénéficiaire.   

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