Maraîchers 19 juin 2026

Une diversification par les œufs et les transplants

Les Jardins bio du solstice, démarrés en 2012, proposaient uniquement des légumes au départ. Aujourd’hui, la propriétaire, Valérie Campeau, a élargi son offre afin de maximiser ses installations et augmenter ses revenus.  « J’ai atteint ma vitesse de croisière », dit l’agricultrice de Mont-Laurier, qui a ajouté des œufs, des transplants et des plants de tomates greffés à son catalogue de produits. 

Des ventes à l’avance

La moitié de ses ventes de transplants est effectuée en ligne à l’avance, ce qui lui procure une entrée d’argent qui l’aide à démarrer sa saison. Ce concept vient également diminuer l’influence de la météo, en ce sens que si la météo est moche et froide en mai, les clients peuvent avoir tendance à acheter moins de plants pour l’été. Avec les ventes d’avance, ils n’ont pas le choix de prendre ce qu’ils ont déjà payé. 

La vente de transplants a l’avantage de justifier les frais de chauffage de sa serre à la fin de l’hiver, qui était seulement utilisée à 20 % de sa superficie pour démarrer ses propres plants de tomates, de brocolis, de choux-fleurs, de laitue, etc. « Pourquoi ne pas utiliser les 80 % de l’espace restant? » s’était-elle questionnée avant d’offrir les transplants au public pour la première fois en 2021. 

Valérie Campeau vend aussi des œufs, ayant fait partie, en 2016, de la première cohorte du programme d’aide au démarrage de nouveaux producteurs d’œufs. Cela lui a permis d’obtenir un quota maximal de 500 poules pondeuses et de vendre ses œufs même en épiceries. 

Un défi d’écouler ses œufs l’hiver

Après toutes ces années, elle estime que la vente d’œufs vaut la peine, mais il y a un bémol. « L’été, c’est rentable et les œufs, c’est winner, car les gens qui viennent chercher leurs légumes aiment voir des poules et sont contents de pouvoir acheter une protéine avec leurs légumes. » 

Par contre, l’hiver, la mise en marché se révèle un défi de taille. Son « sweet spot » consiste à élever un troupeau de 250 poules, lesquelles fournissent un volume d’œufs qu’elle peut vendre même en hiver lorsque son kiosque de légumes est fermé. 

Celle qui est agronome pense maintenant à diversifier son entreprise en tirant profit de son savoir. L’agricultrice d’expérience aimerait développer une offre de service-conseil l’hiver prochain.  

Conseils pour le démarrage

Valérie Campeau recommande à des confrères souhaitant démarrer une ­production d’œufs de bien analyser le marché pour vérifier si d’autres ­producteurs en offrent déjà.

Ensuite, il faut savoir que la demande d’œufs est très variable et difficile à prévoir, tandis que les poules, elles, continuent de produire au même rythme. « Il faut aussi tenir compte [du fait] qu’une poule est un animal qui nécessite deux visites par jour. Ça peut être mentalement exigeant, surtout l’hiver, quand les maraîchers ont besoin d’une pause, mais tu ne peux pas partir, car tu dois t’occuper des poules, mirer les œufs et les vendre », fait-elle valoir.

Une bonne ventilation est primordiale pour assurer la santé des poules, celle des travailleurs et le bon goût des œufs. « Si l’ammoniac s’accumule, les œufs goûtent bizarre », assure-t-elle. Ventiler abondamment est la clé du succès et implique des coûts de chauffage substantiels en hiver, précise Valérie.