Technique 17 juin 2026

Trois outils pour gérer les mauvaises herbes sans herbicides

Le 28 mai dernier, Vincent Lamarre, professeur à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), a présenté trois équipements aux participants de la tournée sur les plantes fourragères : une houe rotative double, un peigne et un sarcleur lourd.

« L’objectif était de montrer les équipements qu’on possède pour le contrôle mécanique des mauvaises herbes dans les cultures annuelles, particulièrement en régie biologique », a expliqué M. Lamarre. La présentation visait à donner un aperçu concret de la diversité des outils disponibles, mais aussi de la façon dont chacun s’insère dans une stratégie d’intervention.

L’ITAQ utilise une houe rotative double tôt en saison, parfois en prélevée ou en postlevée. Avec ses deux rangées de roues étoilées, elle travaille une plus grande surface de sol en un seul passage et accroît l’efficacité du passage.

« Habituellement, c’est la houe simple qu’on retrouve sur le marché, mais si on veut une double, il faut vraiment la faire fabriquer », a précisé Vincent Lamarre. Celle de l’ITAQ a été conçue sur mesure par Machinerie Éric Pettigrew, une entreprise du Kamouraska. « Pour le même coût du passage, on a un double impact sur les mauvaises herbes », a-t-il ajouté.

Le peigne

Le deuxième outil, le peigne, aussi appelé herse étrille, intervient généralement après la houe. Plus agressif, il travaille en surface afin d’arracher les jeunes mauvaises herbes sans trop déranger la culture. « Il vient arracher les premiers un, deux centimètres, parce qu’on ne veut pas perturber la zone racinaire de la culture qui, elle, est à trois, quatre centimètres », a expliqué le professeur.

Le peigne occupe aussi une place importante dans l’implantation des prairies. À l’ITAQ, il peut être jumelé à un semoir pneumatique à entraînement électrique pour implanter les plantes fourragères lorsque la céréale atteint le stade de quatre feuilles. Cette façon de faire permet d’effectuer les passages de désherbage mécanique avant l’implantation de la prairie.

« Si on l’implante au moment du semis, on ne peut pas passer d’outils de contrôle mécanique parce qu’on va détruire la plante fourragère », a résumé M. Lamarre. « On va mettre de la pression mécanique sur les mauvaises herbes jusqu’à quatre feuilles. À quatre feuilles, on implante nos plantes fourragères et on laisse aller. »

Vincent Lamarre montre la houe à deux rangées de roues étoilées.

Le sarcleur

Le troisième équipement présenté était un sarcleur lourd, utilisé pour le travail entre les rangs dans les cultures semées à 30 pouces. Dans ce cas, l’ajout d’un semoir pneumatique électrique augmente la polyvalence de l’ensemble, puisqu’il peut être déplacé plus facilement d’un tracteur à l’autre. « Il nécessite juste de l’électricité et non un approvisionnement en huile hydraulique », a indiqué Vincent Lamarre.

Malgré leur efficacité, ces équipements exigent de bonnes conditions d’utilisation. Un sol trop humide limite l’effritement recherché, réduit l’effet sur les mauvaises herbes et augmente le risque de marquer le sol. Le soleil est aussi essentiel après le passage, afin que les mauvaises herbes arrachées subissent un stress hydrique.

« Ça demande de la rigueur. Il faut aller dépister les mauvaises herbes, évaluer leur stade de culture pour faire le choix de la machine et le passage approprié », a conclu M. Lamarre.