La démonstration n’est plus à faire : l’eau vaut plus que jamais son pesant d’or. Photos : Gracieuseté Ide l'IRDA
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S'abonner maintenantEntre les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, les niveaux d’eau historiquement bas observés dans plusieurs régions et le resserrement progressif des réglementations environnementales, l’eau est au cœur d’un changement de paradigme. Et tous, y compris le secteur agricole, sont appelés à participer à cette transformation.
Le projet pilote de gestion active des prélèvements d’eau dans le Centre-du-Québec, annoncé par le gouvernement du Québec à la fin de l’été 2025, en constitue un exemple récent. L’objectif du ministère de l’Environnement avec cette initiative : réduire la consommation d’eau des grands utilisateurs lorsque le niveau des rivières et de la nappe phréatique est trop bas.
La démonstration n’est plus à faire : l’eau vaut plus que jamais son pesant d’or. Et cela est d’autant plus vrai dans le contexte de changements climatiques, selon Daniel Paradis, professeur-chercheur en hydrogéologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

« Selon certains scénarios climatiques, l’augmentation des précipitations prévue à long terme pourrait avoir un léger effet favorable sur la recharge des aquifères, avance le chercheur spécialisé en eau souterraine. Mais cela pourrait ne pas être suffisant avec l’accroissement de la demande en eau. »
Optimisation
La pression est déjà forte dans certaines régions, dont en Montérégie et dans Chaudière-Appalaches. Et cela touche les secteurs urbains – où les règles d’arrosage sont resserrées – aussi bien que ruraux.
La sécheresse de 2025 a d’ailleurs mis à l’épreuve les systèmes d’irrigation de nombreux producteurs, qui ont fonctionné à plein régime. « Ça devait faire cinq, six ans qu’on n’avait pas vu ça », affirme Christian Roy, de la Ferme Gilles Roy, qui cultive des concombres, des choux et des piments à Mercier, en Montérégie.
« On a plein de dossiers sur la table, mais, pour les prochaines années, avec les changements climatiques, la gestion de l’eau demeure une priorité, assure le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron. On veut s’asseoir avec nos producteurs et avec les autres organisations. Il faut avoir un plan de contingence, tout le monde ensemble. »
Différents événements ont d’ailleurs été organisés sur le sujet au cours des derniers mois. Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec a présenté une série de conférences, tandis que la Fédération de l’UPA de la Montérégie a organisé le « Sommet sur l’eau – Quand l’eau et l’agriculture cohabitent ». Selon Carl Boivin, chercheur spécialisé en gestion de l’eau à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), les producteurs agricoles jouent déjà un rôle actif dans la gestion de l’eau. Et ils doivent poursuivre, voire accentuer leurs efforts, notamment en misant davantage sur les pratiques de conservation des sols et l’irrigation de précision. « La gestion de l’eau, on dirait qu’on s’y intéresse quand on en manque. Et souvent, quand il en manque, c’est trop tard, laisse-t-il tomber. Je pense qu’il faut être un peu plus proactif. » L’heure est donc plus que jamais à l’optimisation, à la récupération et à la préservation. Avant qu’il soit trop tard.