Météo 10 octobre 2025

Un mois d’allers-retours au lac pour abreuver les vaches

Depuis plus d’un mois, des producteurs laitiers de Saint-Ferdinand, dans le Centre-du-Québec, multiplient les allers-retours entre la ferme et un lac à proximité pour s’approvisionner en eau, parce que leur puits de surface ne suffit pas à abreuver leur cheptel de 120 vaches.

« On a une source d’eau naturelle sur la montagne, mais le terrain est trop sec, donc le puits ne réussit pas à garder sa réserve d’eau », témoigne Marlyne Marcotte, copropriétaire de la Ferme Daigale, qui se situe sur un talus rocheux.

De cinq à six fois par jour, depuis un mois, son conjoint, Donald Daigle, doit aller chercher de l’eau dans un lac à proximité. À chaque voyage, 700 gallons sont rapportés dans un récipient tiré par une remorque, puis transvidés dans un grand réservoir installé temporairement près de la ferme pour abreuver les vaches.

« C’est du temps qu’on met là-dessus, tous les jours, et ça perdure depuis longtemps », fait valoir Mme Marcotte.

Deux nouveaux puits et toujours pas d’eau

Les agriculteurs ont bien tenté de régler le problème récemment en faisant creuser un puits artésien de 500 pieds de profondeur pour augmenter leurs chances de capter de l’eau, mais en vain. Le débit obtenu est insuffisant pour abreuver le cheptel. Une deuxième tentative de forage de 300 pieds a été faite par la suite, encore sans succès.

On a fait appel à un sourcier pour savoir où creuser, mais ça ne fonctionne pas et il ne comprend pas pourquoi. On sait que ce n’est pas infaillible, mais ça nous a quand même coûté plusieurs milliers de dollars et on n’a pas d’eau.

Marlyne Marcotte

Des tests seront effectués dans les prochaines semaines pour voir si le débit augmente. En attendant, l’agricultrice se croise les doigts pour que dame Nature collabore, mais elle a peu d’espoir à court terme.

« Même s’il tombe un déluge, ce ne sera pas mieux. Ça prendrait de la pluie tranquille, sur une longue période », observe-t-elle.

Un endroit « critique »

Pour le président du Groupe Puitbec, Simon Massé, la situation de cette ferme est particulière. « Généralement, quand on creuse un puits de cette profondeur, il y a de l’eau, mais dans des endroits plus critiques, comme chez ces producteurs, ça devient plus compliqué. Sur le haut d’un talus rocheux, c’est reconnu pour avoir de moins grandes réserves d’eau dans le sol », constate celui dont l’entreprise s’est limitée à creuser aux endroits suggérés par le sourcier.

« Il ne semble pas y avoir beaucoup d’eau dans le roc à un moment où il a très peu plu dans les quatre derniers mois. Donc cette ferme a droit à la totale », ajoute le technicien en géologie.