Lait 19 septembre 2025

« Sans les robots, je serais probablement écœuré de mes vaches »

À Saint-André-d’Argenteuil, dans les Laurentides, Guillaume Daoust savoure encore sa décision, il y a près de 10 ans, de passer d’une stabulation entravée à un concept de traite entièrement robotisée. « Je peux dire, aujourd’hui, que sans les robots, je serais probablement écœuré de mes vaches. On n’a plus l’obligation de traire les vaches matin-midi-soir; on fait juste la partie le fun de s’occuper des vaches », explique le producteur laitier. 

Non seulement les robots ont allégé les tâches de la Ferme Daoust, ils en ont amélioré les performances et la rentabilité.

Quand on a commencé avec les robots en 2016, on était à 1,4 kilo de gras par vache par jour avec trois traites. Aujourd’hui, on est rendus à 1,8 kg et on top parfois le 2 avec une moyenne de 3 traites par jour avec les robots. On a aussi monté notre quota de 120 à 350 kilos et on est quand même juste deux à travailler. Sans les robots, on devrait être au moins trois personnes [pour la section laitière de l’entreprise].

Guillaume Daoust

L’entreprise s’est bel et bien endettée avec la construction du complexe ainsi que l’achat des robots et du quota, mais le chiffre d’affaires a suivi. « Avant, on faisait environ 1 M$ par année; maintenant, c’est 3 M$ de chiffre d’affaires, mais avec la même marge. Ça dégage donc plus de bénéfices totaux », se réjouit-il. 

Et les alarmes des robots? « C’est déjà arrivé qu’un fil mal connecté ou qui s’effiloche crée des bogues intermittents et nous fasse lever quatre nuits sur sept, mais dans les deux derniers mois, c’est arrivé une seule fois », répond Guillaume Daoust.

Des robots plus fiables

Le gérant des ventes du manufacturier Lely au Québec, Carl Vachon, affirme que la conception des robots a grandement évolué, avec une durée de vie aujourd’hui estimée de 15 à 20 ans pour les appareils de dernière génération. Le coût d’entretien se limite maintenant à environ 6 000 $ par robot par année, misant sur des changements de composantes tous les 30 mois afin d’assurer la longévité des machines, ajoute-t-il. Le retour sur investissement se révèle ainsi le plus grand point fort de la traite robotisée, souligne M. Vachon. « Quand on calcule la vraie valeur du temps de la main-d’œuvre, pour les différentes options de traite, le robot se paye en sept ou huit ans. Plus qu’il y a des robots, plus que le retour sur investissement est rapide. »   


Plus de flexibilité avec les robots

La Ferme Cardinal, de Mirabel, est passée d’une salle de traite aux robots en 2021, principalement parce que les propriétaires ne désiraient pas embarquer dans l’embauche d’employés pour accomplir leur expansion d’entreprise, eux qui sont rendus à un quota de 285 kilos et espèrent atteindre 350 kilos. 

« On voulait aussi passer à trois traites. Avec les robots, on atteint 3 ou 3,2 traites. On est contents. Et même si ça allait bien, le salon de traite, on a beaucoup plus de flexibilité avec les robots, car avant, c’était toujours les mêmes heures fixes et vu qu’on fait beaucoup de cultures à forfait et il y a des moments où je devais arrêter le forfait pour la traite. Maintenant, on ne passe pas nécessairement moins de temps dans l’étable avec les robots, mais c’est plus flexible et moins contraignant comme horaire », révèle l’un des copropriétaires, Marc-André Laurin. 

Des améliorations au confort animal et à la ventilation lors de l’ajout des robots l’empêchent de comparer sur une même base la rentabilité de son ancien salon de traite versus les robots. Il affirme toutefois que les robots et leur entretien ne reviennent pas plus chers que les salaires qu’aurait commandés le salon de traite.