Les champs de maïs et de soya apparaissant sur cette photo sont parsemés de zones pâles qui représentent un changement de sol, soit de la terre sableuse. Photo : Alexandre Couture
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S'abonner maintenantLes discussions entre agriculteurs font état d’un manque d’eau dans plusieurs secteurs du Québec, ce que les cartes météo confirment : du 20 juin au 20 août, presque toutes les régions ont affiché un déficit de précipitations. La région du Sud du Québec a même plus de 60 mm de déficit comparativement à la normale pour la même période.

Dans le Centre-du-Québec, le conseiller en production végétale Alexandre Couture rapporte que tous les champs qu’il a visités dans sa région ont manqué d’eau et que «100 % d’entre eux ont subi des dommages causés par la sécheresse », précisant que certains s’en tireront avec une légère baisse de rendement, tandis que d’autres souffriront de pertes sévères, dans les terres sableuses, notamment.
Les cultures de maïs devraient en pâtir, affirme-t-il.
On a vraiment un trouble de pollinisation dû à la sécheresse. On remarque aussi que même les soies qui ont été pollinisées avortent ensuite par manque d’eau ou en raison d’un manque d’azote. La plante arrête de lui envoyer de l’énergie, les grains ratatinent et meurent. L’épi devient moins long; c’est directement proportionnel à moins de rendement.
Les sols sableux sont davantage visés, mais les terres argileuses ne sont pas épargnées, puisque plusieurs producteurs ont semé dans de mauvaises conditions et ont compacté la terre en surface, qui a durci avec la sécheresse et a contribué à empêcher les racines de se développer, rapporte-t-il. M. Couture observe des feuilles séchées jusqu’à l’épi, amenant des pertes inévitables. « Je m’attends, cette année, à des rendements en bas de la moyenne de cinq ans », résume-t-il. Les producteurs qui ont des sols en bonne condition et présentant plus de matière organique s’en tireront mieux.

Dans le soya, les cultivars très hâtifs étaient au stade de remplissage des gousses lors de la sécheresse, ce qui fera mal. Les cultivars plus tardifs commençaient à peine le remplissage, diminuant les dommages. Les plants de soya dans les sols sableux, qui ont perdu beaucoup de feuilles, présentent un plus faible nombre de gousses et un rendement qui sera moindre.
Moins de sécheresse au Lac
Sans parler d’une sécheresse, le producteur William Van Tassel, d’Hébertville, au Lac-Saint-Jean, mentionne que les plantes ont manqué d’eau. « Dans le soya, spécialement, il y aura moins de rendement en raison du manque de pluie », croit-il. L’orge qu’il commence à récolter a, à l’inverse, souffert d’un excès d’eau au début de l’été.
Pas de sécheresse en Abitibi
Le producteur de grains Pascal Rheault, en Abitibi-Témiscamingue, fait état de peu de sécheresse dans son secteur. Chez lui, c’est le surplus d’eau après les semis qui a nui aux cultures. Le canola est la plante la plus affectée, observe-t-il, mais globalement, il note beaucoup de disparité selon les cultures. « Certains champs sont corrects; d’autres, moins. »