Maraîchers 22 août 2025

Les laitues ont somme toute survécu à la canicule 

À l’exception de pertes recensées dans la variété Iceberg, plus sensible à la chaleur, les laitues cultivées dans les terres noires de la Montérégie ont somme toute résisté à la sécheresse, jusqu’ici, et aux intenses épisodes de canicule de juillet et d’août, selon ce que rapportent différents maraîchers.

« Ça va bien. Je suis surpris, avec la sécheresse et la chaleur qu’on a eues, mais ça tient le coup », témoigne Éric Van Winden, un producteur de Napierville. Avant le retour de températures plus fraîches, durant la semaine du 17 août, le maraîcher explique que ses laitues ont eu peu de répit de chaleur sur une longue période, même la nuit, ce que ce légume fragile n’apprécie pas, surtout lorsqu’il manque d’eau. Or, le copropriétaire de la ferme Delfland constate que l’irrigation sans relâche de ses champs, depuis près de deux mois, qui se poursuivait encore le 20 août, a sauvé les meubles jusqu’ici.

Plus difficile pour les Iceberg

Au Centre maraîcher Eugène Guinois, Audrey Primeau observe aussi que ses champs de laitues sont beaux, dans l’ensemble, bien qu’elle recense quelques pertes du côté de la variété Iceberg. 

« Ce n’est pas catastrophique, mais on voit que la sécheresse et la chaleur extrême ont affecté le rendement, par endroits, surtout dans l’Iceberg, qui avait tendance à monter en graines. Ça fait des malformations, des laitues qui ne sont pas récoltables », observe la maraîchère de Sainte-Clotilde. 

Un producteur de Sherrington, Jean-Claude Guérin, témoigne d’un retour de températures plus fraîches qui fait du bien, tant pour les laitues que pour les travailleurs.

Au Centre maraîcher Eugène Guinois, l’irrigation intensive est assurée par une équipe de vaillants « pompiers », indique la maraîchère Audrey Primeau. Photo : Gracieuseté d’Audrey Primeau

« On a eu des épisodes où c’était plus beau que d’autres, dans la laitue. En irriguant, irriguant, irriguant, on minimise les dommages, mais c’est beaucoup de travail, mettre de l’eau », indique le copropriétaire de la ferme Maraîchers J.P.L. Guérin & Fils, qui fait aussi état de malformations dans ses laitues Iceberg.

Un marché de vendeurs

Le vice-président du grossiste en fruits et légumes Courchesne Larose, Guy Milette, remarque d’ailleurs que l’offre de laitues Iceberg a été limitée ces dernières semaines, notamment en raison des nuits chaudes que ces légumes n’ont pas appréciées. Les prix, en revanche, ont été plutôt bons pour les producteurs, souligne-t-il.

« Dans les dernières semaines, ç’a été un marché de vendeurs. Il y a eu plus de demande que d’offre, mais pas parce qu’il y a plus de demande qu’à l’habitude. C’est plutôt parce qu’il n’y a pas d’abondance », note le grossiste.