La Distillerie des Cantons affiche ses couleurs à Mansonville, en Estrie. Photo : Marie-France Létourneau
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S'abonner maintenantLes distilleries qui cultivent elles-mêmes les matières premières utilisées dans l’élaboration de leurs spiritueux, au même titre que la Distillerie des Cantons, en Estrie, ne sont pas légion au Québec, selon le secrétaire général de l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), Vincent Lambert.
Un grand nombre de distilleries valorisent les matières du Québec, mais les modèles de chacune diffèrent, dit-il.
Il y en a, par exemple, qui achètent des céréales, sans les semer et les récolter, et font des produits du grain à la bouteille. Mais les cas comme la Distillerie des Cantons, où 100 % de son grain est utilisé, sont plus rares.
Il y a néanmoins d’autres exemples. Parmi eux : la ferme brassicole-distillerie Terre à Boire, à Saint-Blaise-sur-Richelieu, en Montérégie, et la Distillerie Grand dérangement, dans Lanaudière. Celle-ci a lancé un whisky biologique en 2024. Le Domaine Fût d’Or, à Saint-Nicolas, concocte pour sa part des eaux-de-vie et des liqueurs avec les fruits (bleuets, cantaloups, etc.) qu’il cultive.
Selon l’UQMD, une démarche visant à créer l’appellation « Spiritueux d’origine agricole du Québec », élaborés à partir de différentes matières premières fermentescibles (céréales, pommes de terre, fruits, etc.), est en cours. Une consultation publique s’est tenue en juillet.
La guerre commerciale avec les États-Unis a par ailleurs fait exploser les ventes de spiritueux québécois, les whiskys en particulier. Les ventes à la Société des alcools du Québec ont augmenté de 41 %, comparativement à pareille date l’an dernier, selon Vincent Lambert.
« Il n’y a plus de bourbon américain sur les tablettes, relève-t-il. Mais ça traduit aussi un peu la sensibilité qu’ont les gens des enjeux [politiques] et de l’achat local. »