Le 25 juin, Myriam Bélanger avait de grandes quantités de fraises à vendre à son kiosque de Lavaltrie, dans Lanaudière, après la canicule qui a fait mûrir beaucoup de fruits rapidement. Photo : Gracieuseté de la Ferme Briho-Bel
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S'abonner maintenantLes journées caniculaires des 23 et 24 juin ont grandement accéléré le mûrissement des fraises chez bon nombre d’agriculteurs. Au Potager Mont-Rouge, en Montérégie, la remorque réfrigérée normalement utilisée pour les livraisons s’est plutôt rendue au champ pour que les fruits fragilisés par la chaleur soient mis au froid le plus rapidement possible après la cueillette.
« On a apporté le frigidaire dans le champ », raconte le copropriétaire de cette ferme de Rougemont, Philippe Beauregard. Le producteur ne procède de cette façon qu’en cas d’extrême chaleur, pour préserver la qualité des fraises. Normalement, les fruits ne sont réfrigérés qu’à leur arrivée à l’entrepôt.

« On les mettait au froid tout de suite, parce qu’une fois cueillis, ça dépérit vite à une chaleur exceptionnelle comme ça. On les décrochait du plant et il fallait faire attention », ajoute celui qui estime être parvenu à éviter les pertes.
La chaleur a parfois généré des surplus de fruits qu’il raconte avoir écoulés en proposant des rabais au kiosque sur les boîtes de 12 chopines, ce qui a favorisé la vente de grandes quantités de fraises à la fois.
Dans Lanaudière, à la Ferme Briho-Bel, Myriam Bélanger avait aussi beaucoup de fraises à vendre, le 25 juin. Elle envisageait de faire des promotions les jours suivants. « Les fraises ont mûri d’un coup. On a bien des crêtes dans les frigidaires, mais en général, ça va bien. L’achalandage au kiosque est bon dans l’ensemble », assure la productrice de Saint-Jacques.
À Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie, le producteur Alexandre Sauvé admet avoir laissé des fruits au champ. « Mes champs, j’en ai qui sont beaux, j’en ai des moins beaux. Le printemps humide a entraîné des maladies racinaires. Et la canicule, ç’a fait mûrir les fraises très rapidement. Certaines variétés ont toasté », décrit le copropriétaire de la Ferme Hubert Sauvé.
À l’île d’Orléans, Louis Gosselin assure que les récoltes vont bon train et que la qualité des fruits est au rendez-vous.
De petites journées de chaleur, c’est normal. Quand il fait très chaud comme ça pendant cinq ou six jours, là ça affecte la récolte, mais une journée ou deux, ça va. Chez nous, ç’a mûri un peu plus vite, mais c’est tout.
Des Mr. Freeze pour les employés
Les 23 et 24 juin, Nathalie Auclair, une agricultrice de Lavaltrie, dans Lanaudière, a pris le maximum de précaution pour assurer la sécurité de ses employés qui devaient récolter des fraises sous une chaleur extrême. Ces journées-là, slush, Mr. Freeze et Gatorade étaient distribués à tous.
« Ils prenaient plus de pauses et on leur a donné une heure et demie de dîner au lieu d’une heure parce que ça n’avait pas de bon sens. C’était tellement intense », témoigne la copropriétaire de la ferme Les filles Auclair. Les travailleurs étaient invités à s’hydrater toutes les 20 minutes, même s’ils n’avaient pas soif. « Une chance que ça n’a pas duré 7-8 jours comme ça. Ce matin, déjà, l’air était plus frais pour travailler, ça faisait du bien », a-t-elle indiqué, le 25 juin.
Des champs d’autocueillette déserts à la Fête nationale
Chez bon nombre de maraîchers, les champs d’autocueillette de fraises étaient déserts, en après-midi, le jour de la Fête nationale, la chaleur accablante semblant avoir freiné les ardeurs des cueilleurs. Cette journée est normalement l’une des plus achalandées de l’année.
« L’après-midi, c’était invivable. Normalement, à la Saint-Jean, c’est ultra-achalandé. Là, il faisait trop chaud. Il y avait un peu de monde qui venait chercher des fraises au kiosque, mais qui étaient déjà récoltées », raconte la productrice Myriam Bélanger, de Saint-Jacques, dans Lanaudière. Plusieurs confrères dans son coin ont fermé les champs, en après-midi, rapporte d’ailleurs la productrice.
Même son de cloche du côté de la Ferme Hubert Sauvé, à Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie. « Normalement, c’est notre plus grosse journée, mais là, à partir de 10 h-11 h, c’est tombé bien tranquille », raconte son copropriétaire, Alexandre Sauvé. Il assure en revanche que l’achalandage à son kiosque a généralement été au rendez-vous depuis le début de la saison.
Étonné de l’achalandage
Au Potager Mont-Rouge, à Rougemont, le producteur Philippe Beauregard affirme avec étonnement avoir accueilli plusieurs courageux dans ses champs d’autocueillette, le 24 juin. « Le matin, je me disais : ‘‘Personne ne va venir; on annonce 40 degrés.’’ Mon staff n’attendait pas les clients. Finalement, on a quand même eu de monde. Je dirais qu’on a peut-être eu 15 % moins de monde qu’à l’habitude, un 24 juin. Ce n’est vraiment pas si mal », témoigne l’agriculteur.
