Moins de légumes semés l’été prochain

L’entrée en vigueur des droits de douane de 25 % a poussé des producteurs et des transformateurs à revoir leur plan d’ensemencement pour la saison à venir. Si les tarifs sont maintenus jusqu’au début de la saison de culture, il faudra s’attendre à une réduction des superficies de légumes cultivés au Québec l’été prochain. 

Le président de l’Union des producteurs agricoles, Martin Caron, a eu vent de modifications aux plans d’ensemencement de producteurs maraîchers et horticoles. « C’est en fonction des contrats qui sont offerts. Des fois, ils vont y aller peut-être plus avec des céréales pour s’assurer que le côté commodité va être là pour se sécuriser [au niveau des revenus], ou de modifier [le produit à cultiver] », dit-il. 

Si les tarifs douaniers sont toujours en vigueur en juin, Vegpro International réduira d’un tiers les superficies de laitue cultivées au Québec. Le président-directeur général de l’entreprise de Sherrington en Montérégie, Anthony Fantin, explique qu’une partie de la production québécoise de l’entreprise est habituellement emballée en Floride, mais qu’en raison des tarifs, elle s’approvisionnera directement aux États-Unis pour fournir ses clients américains. « Ce n’est pas idéal. Ça cause énormément de problèmes à nos opérations. C’est un genre de mode survie parce que ce qu’on veut éviter, c’est de délaisser les clients », a-t-il mentionné. 

M. Fantin fait également valoir que pour « survivre », l’entreprise n’aura d’autre choix que d’augmenter ses prix. Il sera toutefois possible de réévaluer la situation chaque mois, puisque le cycle de croissance des laitues dure une trentaine de jours, et d’adapter les superficies cultivées en conséquence. 

Pour l’instant, toutefois, Anthony Fantin ne s’inquiète pas encore pour les laitues. Celles qui sont cultivées sur les terres de l’entreprise en Floride et sont exportées au Québec (jusqu’en juin) n’ont pas été frappées par la première vague canadienne de contre-tarifs. Pour ce qui est des oignons et des échalotes qui traversent actuellement la frontière, M. Fantin discute avec ses clients américains pour trouver une solution. 

Au moment d’écrire ces lignes, le ­président-­directeur général de l’entreprise de transformation de légumes Nortera, Hugo Boisvert, s’affairait lui aussi à joindre ses clients américains pour trouver une manière de mitiger ces tarifs. L’issue de ces appels déterminera les superficies à semer l’été prochain.

D’ici deux à quatre semaines, il va falloir qu’on prenne des décisions sur ce qu’on va semer pour l’été qui s’en vient et donc ça va être vraiment en fonction de ce que nos clients nous ont dit qu’ils allaient prendre ou ne pas prendre.

Hugo Boisvert

Nortera, qui a huit usines au Canada et cinq aux États-Unis, exporte des volumes représentant moins de 30 % de son chiffre d’affaires au sud de la frontière.